Congo-Kinshasa: Tensions, dissuasions...

2023 n'est plus très loin. A l'approche des prochains scrutins, la coalition Lamuka du tandem Muzito-Fayulu veut mettre toutes les chances de son côté afin de gagner les prochaines élections. De ce fait, son leader Martin Fayulu a passé un appel à travers les medias au peuple congolais dans l'optique de la marche pacifique devant exprimer leurs désidératas notamment, sur la dépolitisation de la CENI, un probable glissement, par-dessus-tout, un paysage politique qui augure des fraudes électorales à l'avenir. Cet appel auquel la population a bel et bien répondu présent et dont le rendez-vous était pris pour ce mercredi 15 septembre 2021 a été stoppé net dans son élan. La manifestation a été nettement étouffée par les forces de l'ordre dans la commune de Masina.

Le comportement des forces de l'ordre qui ont usé des violences pour réprimer cette marche serait plus que déplorable. Etant donné que les gaz lacrymogènes et divers autres abus sur les militants ont été observés sous couvert du maintien de l'ordre. Tristement le cas du principal concerné Martin Fayulu qui, brutalisé par des policiers, a été embarqué manu militari dans son véhicule pour être acheminé vers une destination en plein centre-ville. Que dire du Correspondant de la RFI Patient Ligodi qui a été sérieusement brutalisé et embarqué en plein exercice de son travail ? Un exemple qui nous pousse à nous demander, que fait-on de la liberté de la presse en RDC ? Mystère.

En dépit de l'interdiction des autorités de la ville de Kinshasa, Fayulu a tenu à ce que la marche se fasse en cette date du 15 septembre, un acte qui peut être considéré comme un affront envers les autorités. Alors qu'une autorisation avait permis d'exécuter la marche en date du 17 septembre 2021. Cela n'aurait-il pas été mieux de la respecter afin d'éviter tout bras de fer avec les autorités ?

Selon les organisateurs, cette manifestation visait, entre autres, la dépolitisation de la CENI, la mise en place des réformes institutionnelles consensuelles afin d'éviter tout glissement en 2023 et aussi éviter toutes fraudes. Cette énième marche pacifique avait également pour but de pousser un cri d'alarme afin d'alerter l'opinion sur la question de la transparence en période électorale dont le parti de Fayulu garde un souvenir très amer lors des dernières élections organisées et dont il clame toujours la victoire.

Entre tension et dissuasions, il est nécessaire de respecter scrupuleusement les lois du pays.

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