Sénégal: [Feuilles d'hivernage] Keur Momar Sarr - Par la grâce du lac

16 Septembre 2021

Le Lac de Guiers est un cours d'eau qui renferme des potentialités économiques énormes. Situé dans la commune de Keur Momar Sarr (département de Louga), il offre des opportunités économiques réelles tant dans le domaine de la pêche, du maraîchage que de plusieurs autres activités qui en font une source pourvoyeuse d'emplois et garantissant une sécurité alimentaire des populations de la zone.

LOUGA - Long de 35 kilomètres et d'une largeur de 8 kilomètres, le Lac de Guiers est un affluent du fleuve Sénégal qui traverse la commune de Keur Momar Sarr située dans le département de Louga. Par ses deux rives droite et gauche, le lac qui est un réservoir d'eau douce et du fait de sa profondeur de 2 mètres environs, donne des facilités d'exploitation des ressources qu'il renferme et qui profite aux populations dépourvues de moyens techniques favorisant du coup les méthodes d'exploitation de type artisanal.

Le maraîchage, une activité pratiquée à plein temps grâce à l'eau du lac

Le maraîchage est l'une des activités les plus pratiquées sur les deux rives du Lac de Guiers. Dans ce domaine, à la faveur de la proximité de l'eau avec les terres cultivables, beaucoup d'habitants des villages riverains en ont fait leur profession, pratiquant cette activité à plein temps, c'est-à-dire durant les douze mois de l'année. « Nous pratiquons la culture maraîchère depuis des décennies grâce à l'eau tirée du lac par des motopompes. C'est une activité très rentable qui ne requiert pas beaucoup d'investissement du fait de la proximité de l'eau avec les espaces que nous exploitons », confie Aliou Kâ, exploitant maraîcher habitant du village de Diééw. Mieux, renseigne Aliou Kâ, ils varient les produits à exploiter selon les saisons parce qu'il y a certains produits qui ne résistent pas aux eaux pluviales. C'est pourquoi, durant les périodes d'hivernage, explique l'exploitant maraîcher, « la culture du piment, de l'aubergine et d'autres variétés qui résistent aux eaux de pluies est privilégiée ».

Mais, en dehors des périodes d'hivernage, les exploitants maraîchers se tournent vers d'autres produits, notamment l'oignon, la pomme de terre, la patate, le chou, entre autres. Cette activité est très rentable si l'on en croit notre interlocuteur qui reconnaît, toutefois, que cela nécessite l'achat d'une motopompe et la fertilisation des sols. Mais, rassure Aliou Kâ, « le maraîchage est une activité très rentable qui se pratique durant douze mois et c'est ce qui explique le choix de beaucoup d'habitants de la zone de le pratiquer ».

Pour autant, cette activité économique très prisée à Keur Momar Sarr bute sur une difficulté de commercialisation de certains produits tels que l'oignon dont les stocks sont souvent invendus faute de marchés. « Nous écoulons tous nos produits à la faveur du marché hebdomadaire de Keur Momar Sarr qui est l'un des plus grands du pays. Mais c'est sur l'écoulement des récoltes d'oignons que nous avons des problèmes et l'essentiel de nos productions finissent par pourrir », explique Madiop Sall, exploitant maraîcher qui reconnaît toutefois que « grâce au marché hebdomadaire, nous écoulons quasiment toutes nos récoltes et pour dire vrai, nous nous en tirons bien malgré le coût des investissements qui n'est pas si onéreux ». Même si nos interlocuteurs ne peuvent dire avec exactitude leurs chiffres d'affaire durant les deux campagnes de l'année, tout porte à croire qu'ils s'en tirent à bon compte.

La pêche sur le Lac de Guiers : un puissant levier du développement local

Le Lac de Guiers offre une opportunité insoupçonnée aux pêcheurs de la zone de Keur Momar Sarr avec la pêche en eau douce. Avec ses ressources halieutiques et le potentiel qu'il renferme, il est un puissant levier de développement et nourrit des centaines de familles qui s'adonnent à la pêche. « Nous avons opté pour le métier de pêcheur que nous avons hérité de nos parents. Mais ce que nous offre le Lac de Guiers en production de poisson, nous ne pouvons l'avoir nulle part ailleurs dans d'autres fleuves ». Ces propos d'Ilimane Niang qui pratique la pêche artisanale dans le Lac de Guiers sont révélateurs de ce que représente cet affluent du fleuve Sénégal dans cette activité. Notre interlocuteur renseigne d'ailleurs que la pêche sur le Lac de Guiers se pratique durant toute l'année sans interruption et leurs produits ne souffrent pas de la lancinante équation de la mévente. « Tout ce que nous produisons dans la pêche quotidienne des différents types de poissons est intégralement vendu aux commerçantes qui les prennent dès le débarquement des pirogues et les acheminent au marché local ou dans les autres villages de la commune », révèle Souleymane Mbaye, un autre pratiquant du métier.

Pour ce dernier, le lac est assez fourni en espèces de sorte que, selon les variétés de poisson qu'ils en tirent, les revendeurs opèrent des choix pour satisfaire la clientèle. Mieux, renseigne Ilimane Niang, « le lac, du fait de sa faible profondeur, nous permet parfois d'avoir des variétés de poisson qui pèsent 2,4 kilogrammes et nous ne subissons quasiment pas de perte dans nos opérations ». C'est ce qui explique que des centaines de familles profitent de cette opportunité pour, à la fois, trouver un emploi, mais aussi développer une activité économique rentable pratiquée avec des pirogues à moteurs ou par d'autres méthodes artisanales sur toute l'étendue des 200 kilomètres carrés que couvre le lac. Une activité d'ailleurs rendue plus rentable depuis les années 90 avec l'érection du barrage de Diama qui a sonné la fin des décrues du Lac et son alimentation suffisante et régulière en eau et en poisson. C'est pourquoi, renseigne Ilimane Niang, le poisson du Lac de Guiers s'exporte dans les grandes villes du pays où des revendeurs viennent s'approvisionner sur place. « Nous ne transportons pas les poissons, ce sont les revendeurs qui viennent l'acheter sur les berges du lac dès notre débarquement qui le font », clarifie Ilimane Niang.

Au marché de Keur Momar Sarr, les revendeuses de poissons ne se plaignent pas. « Nous faisons quelques mètres au bord du lac, achetons du poisson auprès des pêcheurs et revenons les revendre. Nous nous en tirons bien et nous ne subissons aucune perte parce que nous fournissons le poisson aux ménages de presque tous les villages environnants qui sont éloignés du lac », renseigne Fatoumata Diallo, qui révèle dans la foulée que « ce poisson nous sert aussi dans nos cuisines et facilite notre alimentation ».

Les femmes au cœur de l'exploitation du Typha

En bordure et à l'intérieur du Lac de Guiers de Keur Momar, pousse une herbe aquatique qui lui donne un décor particulier. À certains endroits du lac, les pêcheurs sont réduits à emprunter des « couloirs » entre des touffes de cette plante haute parfois de plus de deux mètres pour accéder au milieu de l'eau pour pratiquer leur métier. Cette plante aquatique appelée Typha est une herbe invasive qui se reproduit dans le lac, mais dont l'exploitation, parfois périlleuse, est exclusivement faite par les femmes de la localité. « Pour couper les roseaux, nous sommes obligés de nous avancer à pieds plusieurs mètres dans le lac, nous frayer des passages entre ces herbes touffues pour atteindre le typha suffisamment mur pour le couper », explique Fatou Fall, exploitante de cette espèce aquatique. Une opération très risquée selon elle. « Nous rencontrons des reptiles parfois agressifs qui nous blessent, nous obligent par moment à rebrousser chemin et à attendre leur départ quelques heures ou quelques jours après pour revenir faire notre travail. Ceci, sans compter d'autres types d'insectes aquatiques dont la présence est nuisible », ajoute-t-elle.

Mais cela n'empêche pas à Fatou Fall et à ses « collègues » exploitant le typha d'engager leur travail dans ces conditions risquées. Les roseaux ou les typhas coupés, il faut du temps pour qu'ils s'assèchent. C'est seulement ensuite qu'ils sont transformés en nattes vendues sur le marché à 2000 FCfa l'unité, précise Arame Fall. Pourtant, ces femmes semblent être très à l'aise dans ce métier même si la confection d'une seule natte peut durer cinq jours. « C'est un métier difficile et peu rentable. Mais puisque c'est nous qui avons choisi de l'exercer, nous sommes obligées de faire avec », poursuit Arame Fall qui reconnaît toutefois les faibles ressources qu'elles en tirent, mais se satisfont du peu qu'elles en gagnent.

Seulement, un des métiers que les femmes exerçaient à la faveur de la présence du Lac de Guiers a quasiment disparu. Il s'agit, selon Mamadou Maguérène Fall, coordonnateur du Mouvement « Walo debout », de la poterie et de la confection de matériel fait à base d'argile. « Avec la construction du barrage, le Lac de Guiers ne connaît plus de décrue et ne libère plus l'espace pour extraire l'argile nécessaire à ce genre de travail », dit-il. Ce bout constitué avec la décrue du cours d'eau servait à faire de la poterie, à la construction de cases et d'objets de décoration. « Mais cette activité n'existe quasiment plus au bord du lac dont les espaces d'exploitation sont maintenant occupés par l'eau en permanence », se désole Monsieur Fall.

C'est dire que le Lac de Guiers de Keur Momar Sarr, au-delà de la source d'eau potable qu'il constitue pour les usines de Kms1, Kms2 et Kms3, est aussi un réservoir qui recèle des potentialités économiques qui nourrissent des centaines de familles et constitue par la même occasion un pourvoyeur d'emplois pour les populations de cette localité qui, selon les options, trouvent du travail à plein temps grâce à ses apports.

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DIOUMOROU KA, MAIRE DE LA COMMUNE DE KEUR MOMAR SARR

« Toute l'économie de la commune repose sur le Lac de Guiers »

Le Maire de la commune de Keur Momar Sarr est formel sur l'apport du Lac de Guiers dans l'économie de la commune qu'il dirige. « Toute notre économie repose sur le Lac de Guiers grâce aux différentes activités qui se déroulent autour de ce cours d'eau. Presque tous les produits que nous consommons et que nous commercialisons à Keur Momar Sarr proviennent directement du Lac ou de ses dérivés », selon Dioumorou Kâ.

Listant les apports de cet affluent du fleuve Sénégal, le Maire de Keur Momar Sarr fait savoir que les légumes vendus sur le marché local et extérieur, le poisson, la pomme de terre, l'oignon exploité en quantité et exporté vers le marché extérieur, sont tous issus du Lac de Guiers. Mieux, se réjouit l'édile de la commune, « grâce au lac, nos troupeaux ne souffrent pas de problèmes d'approvisionnement en eau et nos jeunes sont tous occupés à mener des activités ». Dioumorou Kâ révèle, par ailleurs, que du fait de l'apport de ce cours d'eau et l'engagement des populations à s'investir, la commune de Keur Momar Sarr est une des plus grandes attractions du Sénégal grâce à son marché hebdomadaire considéré comme le troisième du pays (Après Diaobé et Dahra) par l'intensité des transactions commerciales dont la Lac de Guiers est la cause principale.

Toutefois, sans tomber dans une autosatisfaction, le Maire de Keur Momar Sarr considère que le lac pourrait constituer le poumon économique du Sénégal « si les exploitants des différentes activités économiques bénéficiaient d'une meilleure organisation et d'un meilleur encadrement ».

PETIT MÉTIER, GROS PROFIT

ABDOULAYE SЀYE, VENDEUR DE CAFÉ TOUBA

La détermination d'un barista

Abdoulaye Sèye a débarqué à Ourossogui, en 2020, à la recherche d'une vie meilleure. Pour ce faire, il eut l'idée de vendre du café Touba pour commencer. Heureusement pour lui, cette activité marche comme sur des roulettes.

MATAM- Il est 10 h au marché central d'Ourossogui, mais la chaleur s'intensifie déjà. Personne ne peut s'empêcher de suer. Tellement il fait chaud. Une situation très difficile pour les marchands ambulants qui sillonnent les rues d'Ourossogui comme Abdoulaye Sèye, vendeur de café Touba. Il tient entre ses mains un seau de beignets et un thermos à café. De taille moyenne, le teint noir et un bonnet sombre sur la tête, ce fidèle mouride en boubou traditionnel porte également un sac à dos tout en écoutant religieusement les khassaides de Serigne Touba. Tous les jours, il prépare soigneusement son café pour le vendre au marché. Une activité qu'il maîtrise très bien puisqu'il a appris à préparer ce breuvage très prisé quand il étudiait le Coran dans un « daara » à Touba. En véritable barista, Abdoulaye conquit sa clientèle, car son café est apprécié de tout le monde. Et il voit son chiffre d'affaires s'accroître de jour en jour. « Je gagne parfois 5000 FCfa la journée », dit-il. Pour fructifier son business, il commença à préparer des beignets que de plus en plus de gens grignotent tout en sirotant leur café. « Je rends grâce au Tout Puissant », ajoute ce fervent disciple de Cheikh Ahmadou Bamba. Il rend grâce parce que, dit-il, malgré la cherté de la vie, il arrive à s'en sortir. Ce job est son gagne-pain ; c'est avec ces revenus qu'il parvient à subvenir aux besoins de sa famille. Et il garde confiance que demain sera meilleur. « Il faut avoir la foi dans ce qu'on fait », conseille-t-il. Selon Abdoulaye Sèye, on ne doit pas sous-estimer le travail si on a la foi. « Je suis Mouride et je sais que le culte du travail fait partie des principes du Mouridisme », affirme-t-il. Le jeune vendeur ne regrette pas d'avoir choisi ce travail parce qu'il gère bien sa vie et celle de sa famille sans tendre la main. « J'ai d'autres idées qui vont me permettre de gagner plus », révèle-t-il. Pour le moment, il se concentre sur la vente du café et des beignets tout en étant persuadé que son horizon s'élargira un jour. Assurément, car en plus de la foi, Abdoulaye Sèye est d'une détermination sans bornes.

LAISSEZ-PASSER

Quand l'amour vainque les ténèbres

Au début des années 1980, son histoire a ému le monde. Puis, au fil du temps, on finit par l'oublier dans la solitude de son coma dans lequel il était plongé. Le 6 septembre dernier, finalement, Jean-Pierre Adams décède après 39 ans passées dans l'antichambre de la mort. La disparition de l'ancien footballeur franco-sénégalais suscita encore une fois l'émoi. Les hommages de ceux qui ont connu l'époque où il formait, avec Marius Trésor, la défense centrale de l'équipe nationale de France qu'on appelait « Garde noire » inondèrent les réseaux sociaux. Elle ne laissa indifférente non plus la jeune génération qui venait, par-là, de découvrir ce cruel destin de l'enfant de Dakar.

La mort de Jean-Pierre Adams aura eu le mérite de mettre au jour la formidable et émouvante histoire d'amour incarnée par son épouse Bernadette. Du jour qu'une erreur d'anesthésie a mis son mari dans un état végétatif jusqu'au décès de ce dernier, elle n'a pas cessé de l'assister. Là où beaucoup auraient abandonné leur conjoint à leur triste sort surtout dans le monde du sport où les mariages ne tiennent que le temps des succès, elle fit preuve de loyauté, d'amour, d'humanisme et de fidélité. Mais aussi de pugnacité pour faire reconnaître les erreurs de l'hôpital qui a transformé une banale opération du genou en coma profond.

Admirable de dévouement, Bernadette résista aux pressions de ceux qui voulaient débrancher celui qu'elle rencontra en 1967 et avec qui elle eut deux enfants. Au total donc, sur les 52 ans de mariage avec Jean-Pierre Adams, elle aura passé les 39 à veiller sur lui, dans l'espoir qu'il reprendra conscience un jour. Son sacrifice pour son mari aura été donc total, inconditionnel, désintéressé. La lumière de l'amour qu'elle porta à Jean-Pierre Adams a sans nul doute illuminé la vie de ce dernier dans les ténèbres du coma.

Bernadette est l'incarnation de l'engagement biblique « pour le meilleur et pour le pire » que la série télévisée « Les Frères Scott », dans une de ses célèbres répliques, réinvente ainsi : « Dans la joie comme dans la peine ; dans la richesse et dans la pauvreté ; pour le meilleur et le pire ; je te promets de t'aimer et de chérir. Et je promets que je ne laisserai rien ni personne nous séparer. Je fais promesse pour l'éternité. Je me lie à toi pour toujours jusqu'à la fin des temps et je resterai à tes côtés jusqu'à ce que la mort nous sépare ».

AU CŒUR DES ARCHIVES DU SOLEIL

PARRICIDE

Il tue froidement son père et écope de 10 ans de travaux forcés

Massaer Ndiaye n'était pas en état de démence au moment où il tuait son père le 15 juin 1985. C'est le verdict donné par la Cour d'assises en 1991. Il a été condamné à 10 ans de travaux forcés.

Tuer son père sans mobile apparent. C'est l'ignominie commise par Massaer Ndiaye, si l'on en croit l'avocat général Cheikh Tidiane Faye. Mais, a estimé le représentant du ministère public, cela n'ôtait en rien aux faits leur gravité. Pour lui, Massaer n'était pas dément au moment de passer à l'acte, car, a-t-il précisé, un dément ne choisit pas sa victime. Or la victime était visée par son fils qui avait tenté de s'enfuir après son forfait. Et, à son avis, si Massaer n'était pas dans son état normal au moment des faits, son acte serait certainement dû à l'usage de la drogue. D'autant que durant la procédure, l'accusé avait reconnu qu'il lui arrivait de fumer du « yamba » et même de prendre des « pions ». Le témoignage d'Assane Diagne allait davantage enfoncer Massaer Ndiaye. Selon lui, le vieux Gora Ndiaye lui avait fait part, le jour des faits, de son intention d'aller à la Police dénoncer son fils dont le comportement devenait menaçant. Il s'y serait même rendu, selon le témoin, et c'est à son retour que le drame a éclaté. Son fils l'aurait abreuvé d'injures avant de se ruer sur lui. Pour l'avocat général, ce sont ces raisons qui ont poussé Massaer Ndiaye à tuer son père et la drogue était la clé de l'énigme. Il avait requis 20 ans de travaux forcés, estimant que si la Cour devait le libérer sur la base de la démence, ce serait mettre en danger la vie de ses parents et de ses proches.

Les faits se sont déroulés le 14 juin 1985. Ce jour-là, Massaer avait senti qu'une nouvelle crise se préparait. Il avait commencé à arroser la cour pour conjurer le mauvais sort et chasser les esprits à forme lunaire qui venaient le persécuter. Il s'était ensuite emparé d'un serre-joint et d'un couteau avant de se ruer sur son père, Gora Ndiaye. Le vieil homme, affolé, s'est enfui et trouva refuge dans une maison voisine. Son fils Massaer l'y trouva pour lui donner plusieurs coups. Après son forfait, il prit la tangente, poursuivi par une meute qui voulait le lyncher.

À la barre, Massaer n'a cessé de proclamer son attachement à son père. Cependant, selon certains témoignages, le vieux Gora Ndiaye reprochait à son fils l'usage de la drogue, notamment des « pions ». L'examen psychiatrique avait d'ailleurs confirmé que Massaer faisait une psychose délirante et hallucinatoire.

L'avocat de la défense, Me Alioune Badara Cissé, a estimé que l'accusation n'avait pu asseoir ni la responsabilité ni les mobiles qui avaient poussé son client à commettre son acte. Or en l'espèce, le mobile reste un élément fondamental. Et à défaut de pouvoir l'asseoir, il était malaisé, selon lui, de dire que l'article 50 est inopérant tout simplement parce que son client usait de drogue ; ce qui, avait-il précisé, n'avait jamais été confirmé. Pour Me Alioune Badara Cissé, tous les faits attestent de l'état de démence de son client qui, à son avis, devait bénéficier des dispositions de l'article 50, car, a-t-il laissé entendre, la prison n'était pas le lieu où l'on doit garder un dément. Il n'a pas été suivi par la Cour qui a estimé que Massaer n'était pas en état de démence au moment de tuer son père. Il a été condamné à 10 ans de travaux forcés

(Source Mass Diack, « Le Soleil » du 26 juin 1991)

CITATION DU JOUR

« Il ne sait rien et croit tout savoir. Cela présage indubitablement une carrière politique ».

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