Afrique: Droits de l'Homme - Où en est le Burundi?

Burundi president-elect Evariste Ndayishimiye
16 Septembre 2021

Le cinquième rapport de la Commission d'enquête des Nations unies sur le Burundi revient sur les progrès mais s'inquiète au sujet de certaines dérives.

Le document rappelle que les autorités ont certes levé certaines sanctionsimposées à la société civile et aux médias, mais que la situation dans le pays reste inquiétante. Le rapport révèle par exemple que "les membres des partis d'opposition (...) sont toujours régulièrement la cible de restrictions abusives et font l'objet de graves violations des droits de l'homme telles que les disparitions, les arrestations et détentions arbitraires et les actes de torture qui pourraient, pour certains, être considérés comme des "crimes contre l'humanité."

Les auteurs du rapport précisent aussi que le gouvernement burundais a renforcé son contrôle sur le travail des ONG internationales et fait régulièrement preuve d'une certaine hostilité envers le journalisme indépendant.

Françoise Hampson qui a travaillé sur ce rapport, attire l'attention sur la responsabilité de la communauté internationale, mais explique également la démarche de la Commission alors que ses membres n'ont pas été autorisés à se rendre sur place pour mener leur enquête.

"Pour les acteurs de la communauté internationale, vu notre analyse des facteurs de risque, ils ont une grande responsabilité à surveiller ce qui se passe. Parce que cela peut changer (... ). Il y a cette contradiction entre les paroles du président et ce qu'il fait en réalité. Nous nous sommes déplacés, pas cette année mais les années précédentes, dans les pays limitrophes. Et nous avons aussi eu des entretiens en dehors de l'Afrique avec des témoins et avec des gens au Burundi. Il n'y a pas de possibilité d'entrée au Burundi sans la permission des autorités du Burundi (... ) " précise Françoise Hampson.

Doudou Diène, le président de la Commission d'enquête des Nations unies sur le Burundi, insiste de son côté sur l'utilité de produire des rapports sur les violations des droits de l'homme, alors même que certains ont le sentiment que ces documents ne permettent pas de changer la situation sur place.

Selon l'expert sénégalais, "ceux qui violent les droits de l'homme, leur stratégie a toujours été de masquer ces violations, de ne pas les reconnaître. Donc s'il y a des mécanismes comme la mission d'enquête qui peut briser ce silence, c'est-à-dire avoir mandat non pas pour écrire des romans mais pour documenter les atteintes et les violations des droits de l'homme, c'est capital. L'invisibilité des victimes a toujours été un moyen par lequel les gouvernements ont nié les violations. Il n'y a pas de victimes, donc il n'y a pas de violation. Du côté de la population burundaise, savoir qu'il y a un organe qui continue à examiner leur situation, à enquêter et à faire des rapports, pour eux c'est fondamental parce qu'ils savent qu'ils ne sont pas seuls".

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