Madagascar: Haut fonctionnaire - Recherchée pour escroquerie, elle devient DG

Le passif de ce haut cadre de la fonction publique est lourd.

Après le cas d'un éphémère ancien ministre en août dernier, une autre affaire similaire éclate au grand jour concernant une personne au passé sulfureux qui vient d'être nommée au poste de Directeur général.

Un haut responsable au niveau d'un département ministériel aurait déjà fait l'objet d'une recherche dans le cadre d'une enquête judiciaire. La personne qui vient d'être nommée mercredi dernier pour occuper le poste de Directeur général aurait été l'auteure d'« escroquerie et émission de chèques sans provision ». Au moment de l'enquête, la dame aurait disparu dans la nature. Ce qui a conduit la section de recherche criminelle de la gendarmerie à publier un avis de recherche à son encontre, une procédure parfois réservée aux criminels notoires.

Tollé. L'affaire remonte à 2019 dans la province de Mahajanga. Mais deux ans après les faits, la dame atterrit dans un poste hautement qualifié au sein d'un département ministériel. Comme si de rien n'était, le Conseil des ministres de mercredi dernier a procédé à sa nomination pour une nouvelle fonction au sein de l'Administration. Mais aussitôt que sa nomination a été publiée, son affaire a été révélée sur la toile. Une copie de l'avis de recherche de la gendarmerie a même circulé sur les réseaux sociaux depuis hier, et a provoqué un véritable tollé.

Vigilances. L'information a fait de nouveau le buzz sur les réseaux sociaux. Et les réactions des internautes sont virulentes contre ce genre de pratique qui ternit davantage l'image du régime. Comment se fait-il alors que ce genre de personne, au passé sulfureux et de très mauvaise réputation, puisse intégrer le sommet de l'administration. Pourquoi son passif a-t-il échappé aux vigilances des autorités responsables, à commencer par le ministère concerné ? A-t-elle brulé l'étape de l'enquête d'usage de moralité ou est-ce que l'enquête en question a présenté des failles énormes ? Y-a-t-il une corruption derrière cette affaire qui mérite vraiment l'investigation des organismes en charge de la lutte contre ce fléau ?

Attaques. Le 16 août dernier, le gouvernement a dû également faire face au même genre d'affaire. À peine nommé au sein du gouvernement, le passé sulfureux d'un de ses nouveaux membres a fait l'objet d'une publication sur la toile. L'Exécutif est pris au dépourvu. En réalité, cet ancien membre du gouvernement a déjà fait l'objet d'une plainte pour « manipulation et abus de confiance, escroquerie à grande échelle, usages de faux et menaces verbales », auprès du tribunal de grande instance d'une ville française. Des mains courantes auraient été également déposées contre l'éphémère ministre dans d'autres villes françaises, pour signaler aux forces de l'ordre les agissements de ce dernier. Face à l'intensité des attaques sur les réseaux sociaux, les chefs de l'Exécutif ont bloqué la formalisation de sa prise de fonction et l'ont contraint à démissionner de son poste, trois jours après sa nomination.

Amateurisme. Les observateurs se sont alors posés la question sur la manière dont la personne a pu atterrir dans la barque du gouvernement ? Qui l'a introduit et a soutenu sa candidature ? Pourtant, voici qu'un cas similaire surgit de nouveau, à peine un mois après le tollé ministériel, à propos de la nomination de la nouvelle Directrice générale. On sait que le recrutement de ministre, comme celui des hauts fonctionnaires de l'Etat, passe par plusieurs étapes avant la sortie de la nomination officielle. Mais si cette situation, unique en son genre, s'est manifestée une nouvelle fois, c'est qu'il va sans dire que certains maillons de la chaîne présentent réellement des défaillances. Quoiqu'il en soit, l'image du gouvernement est ternie par cette pratique, au point de croire à un véritable amateurisme à certains niveaux concernant le recrutement des hauts fonctionnaires.

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