Maroc: Rabat-Salé-Kénitra - Un vent de changement a soufflé sur la région

Rabat — L'échiquier politique dans la région de Rabat-Salé-Kénitra (RSK) a été profondément bouleversé au lendemain du triple scrutin du 8 septembre, favorisant par la même l'ascension de nouveaux visages sur la scène régionale.

Sortis grands gagnants des élections législatives, régionales et communales, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti Authenticité et Modernité (PAM) ont raflé, à eux seuls, 20 des 39 sièges réservés à la région à la Chambre des Représentants.

Quant au Parti de la Justice et du Développement (PJD) qui était solidement installé durant les deux précédents quinquennats législatifs et le dernier sextennat régional et communal, il s'est littéralement effondré aux dernières élections, un seul candidat de cette formation ayant réussi à sortir indemne de cette défaite aux législatives.

De l'avis de Tarek Atlati, président du Centre marocain des études et recherches stratégiques (CMERS), les électeurs de la région "ont dit leur mot en faveur d'un changement radical", donnant lieu à une nouvelle carte politique pour les années à venir.

La lecture des résultats des élections au niveau de la région révèle clairement que le PJD "a subi un vote sanction sans précédent après avoir présidé aux destinées du Conseil de la région ainsi que bon nombre de collectivités", a-t-il expliqué dans un entretien à la MAP.

Au volet du développement, M. Atlati juge opportun ce changement de cap dans la capitale et sa région, qui a besoin d'un effort soutenu pour assurer la continuité et traduire dans les faits les grands investissements initiés sous l'impulsion de SM le Roi Mohammed VI, ajoutant que les électeurs "n'ont pas choisi le changement pour le changement, mais à cause d'un certain nombre de difficultés, notamment en matière d'emploi".

La région "se positionne en tant que levier de premier plan au Maroc dans plusieurs secteurs comme l'industrie automobile, l'agriculture, le tourisme et la recherche scientifique, comme en témoignent les partenariats scellés par les universités implantées dans la région, en premier lieu les universités Mohammed V de Rabat et Ibn Tofail de Kénitra", a relevé le président du CMERS.

Côté gestion de la chose publique régionale, "la donne locale avait besoin d'une bouffée d'oxygène" pour l'implémentation des chantiers de développement dans une région au potentiel indéniable, a-t-il ajouté, précisant que la nouvelle majorité est appelée à apporter des expertises et à mobiliser des cadres pour la mise en œuvre du nouveau modèle du développement (NMD).

De son côté, Wael Ouchen, professeur à l'Université Ibn Tofail de Kénitra, a souligné que le scrutin de 8 septembre représente une "victoire de la démocratie" et "un cri de cœur" du peuple marocain pour le changement, à même de favoriser un climat de confiance et de sérénité dans l'exercice politique.

Les récentes échéances électorales ont été surtout marquées par un taux de participation assez élevé, qui a atteint 50,18 pc, par rapport aux précédentes de 2011 et 2016, en dépit de la situation épidémiologique, a-t-il fait observer.

Pour cet universitaire, les résultats dans la région reflètent une grande aspiration à aller de l'avant et une solide volonté d'aller de l'avant, dans le sens où les électeurs ont infligé une défaite "retentissante" au PJD, qui dominait la scène politique régionale.

De manière plus globale, le chercheur estime que "nous serons devant un gouvernement tourné vers l'entreprise par excellence, surtout à un moment où le Royaume continue à faire face aux retombées de la crise sanitaire comme partout dans le monde".

Dans cette nouvelle configuration, a-t-il conclu, le Rassemblement national des indépendants, fort d'une longue expérience gouvernementale, semble en mesure d'aider la région à redécoller dans les secteurs des infrastructures, de l'emploi et des investissements.

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