Cap-Vert: Conseillère pour le contrôle et la prévention des maladies, Cabo Verde

Médecin, titulaire d'un master en santé publique et dotée de plus de 20 années d'expérience, la Dre Carolina Leite a piloté le programme de lutte contre le paludisme et les maladies à transmission hydrique à Cabo Verde. Avant de rejoindre l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2009, elle a aussi été responsable de la prise en charge des patients, des dossiers médicaux et des statistiques à l'Hôpital central Agostinho Neto de Praia.

La Dre Carolina Leite a ensuite travaillé pour les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Elle a assuré la coordination de l'équipe conjointe des Nations Unies pour la lutte contre le VIH/Sida et officie depuis 2011 en qualité de conseillère de l'OMS à Cabo Verde pour le contrôle et la prévention des maladies et l'appui aux programmes.

Parlez-nous de votre travail avec l'OMS à Cabo Verde.

Mon rôle consiste à fournir un appui technique non seulement à la planification, à la mise en œuvre et à l'évaluation du système de surveillance intégrée des maladies et de la riposte à Cabo Verde, mais également au programme national de lutte contre la maladie. Il s'agit d'accompagner le pays dans la mise en place d'une stratégie globale et de systèmes solides permettant de surveiller les tendances autour des maladies prioritaires, de détecter les épidémies tôt et d'y riposter avec célérité grâce à des données factuelles solides.

Je dirige également l'action de l'OMS concernant la vaccination systématique et l'introduction de nouveaux vaccins, parmi lesquels le vaccin antipoliomyélitique inactivé en 2017, le vaccin contre la fièvre jaune en 2018 et, bien entendu, les vaccins contre la COVID-19 cette année.

Quels sont les grands succès et les défis du déploiement du vaccin contre la COVID-19 à Cabo Verde ?

Les plus grands succès restent la volonté politique des pouvoirs publics et la détermination à respecter les normes fixées par le COVAX, qui a permis, avec ses partenaires, au pays d'être bien préparé à déployer les vaccins à leur arrivée.

Une forte sensibilisation des communautés s'est avérée utile pour que de nombreuses personnes décident de se faire vacciner. La République de Cabo Verde s'est appuyée sur sa longue expérience de la vaccination et sur sa main-d'œuvre qualifiée qui s'est constituée grâce aux campagnes de vaccination systématique. La collaboration avec des partenaires pour partager les outils et lignes directrices approuvés par l'OMS a été cruciale pour une amélioration continue de la situation, comme l'ont été les activités de surveillance conjointes menées.

Comme pour une grande partie de l'Afrique, la sécurité des approvisionnements aura été le plus gros défi pour nous. La propagation rapide de nouveaux variants en fait une question encore plus urgente. Comme dans d'autres pays, le manque de fonds et de ressources pour gérer les aspects opérationnels, tout en maintenant ouverts les autres services de santé essentiels, a fortement réduit les capacités d'action de Cabo Verde.

Le pays administre trois différents types de vaccins à deux doses contre la COVID-19. Nous avons assuré une couverture vaccinale de 69 % pour la première dose de vaccin et une couverture de 20 % pour deux doses de vaccin chez les personnes âgées de 18 ans et plus.

Qu'est-ce qui motive votre engagement à travailler avec l'OMS ?

J'ai toujours aimé travailler avec les personnes et les communautés, c'est pour cela que je me suis orientée vers la santé publique. L'OMS est justement l'institution chef de file dans le domaine de la santé publique.

Travailler sur la riposte à cette pandémie sans précédent a été enrichissant et j'ai particulièrement apprécié l'aide apportée pour renforcer les capacités des laboratoires à Cabo Verde et l'appui au déploiement des vaccins.

Quelle est votre plus grande fierté dans votre vie professionnelle ?

Je suis fière de participer à l'amélioration de l'état de santé des populations de mon pays, en éradiquant notamment les maladies à prévention vaccinale et en aidant à maintenir la couverture vaccinale systématique contre la poliomyélite, la rougeole et le tétanos néonatal au-dessus de 95 % depuis plus de dix ans, ainsi qu'en soutenant l'introduction de nouveaux vaccins comme le VPI, le VPH et les vaccins anti-COVID-19.

C'était magnifique pour moi d'avoir apporté ma modeste contribution aux efforts qui ont permis à la République de Cabo Verde d'être déclarée exempte de poliomyélite en 2016 et je suis fière d'œuvrer à l'élimination définitive du paludisme dans le pays. Nous n'avons eu aucun cas de paludisme autochtone depuis trois ans et nous nous réjouissons à l'avance d'être certifiés indemnes de paludisme.

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