Afrique de l'Ouest: Le Réseau africain de lutte contre les discriminations persistante de l'esclavage par ascendance au Mali

20 Septembre 2021
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DECLARATION DES ORGANISATIONS MEMBRES DU RESEAU AFRICAIN DE LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS FONDEES SUR LE TRAVAIL ET L’ESCLAVAGE PAR ASCENDANCE

Sur la

PERSISTENCE DE L’ESCLAVAGE PAR ASCENDANCE AU MALI : CAS DE LA REGION DE KAYES

 

L’esclavage persiste dans plusieurs régions du Mali. Les évènements en cours dans la région de Kayes en sont de manifestes révélateurs.  Des communautés entières y sont victimes de graves violations des droits de l’Homme, ont constaté les Organisations et personnalités membres du Réseau Africain de lutte contre les Discriminations fondées sur le Travail et l’Esclavage par ascendance. Des femmes et des enfants y assistent impuissants, à des destructions de leurs biens ponctuées par des déplacements massifs de familles.

Les Organisations et personnalités membres dudit Réseau des Droits humains, portent à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ces faits gravissimes au relent esclavagiste qui se passent depuis juin 2018 dans la région de Kayes. Dans cette partie du Mali constituée des cercles de Kayes, Nioro, Diéma, Yélémané, Kita et Bafoulabé, des citoyens s’élevant contre leur condition « d’esclaves » par ascendance, sont victimes de multiples exactions.

Ces citoyens considérés comme « esclaves » par des « esclavagistes » sont quotidiennement humiliés, battus, spoliées de leurs biens, chassés de leurs villages et trainés devant la Justice. Les exactions sont multiples et diverses : agressions physiques, confiscation de biens immobiliers, actes de vandalisme, interdictions de séjour, actes de tortures, intimidations, viols et la série continue.

A ce lot de graves violations des Droits de l’Homme, s’ajoutent l’interdiction d’accès aux services sociaux de base promus par l’Etat et la Collectivité, l’interdiction de fréquenter les foires et les espaces publics et de cultes, le retrait des terres de culture, etc.

Ces exactions sont commises dans presque tous les Cercles de la région de Kayes et sont perpétrées surtout sur des femmes et des enfants. Une telle barbarie, digne d’une autre époque, a conduit à l’assassinat de 4 personnes à Djandjoumé dans le Cercle de Nioro du Sahel. MONTAGA DJARISSO et les frères SISSOKO (Youssouf, Hamey et Gauché) ont été froidement assassinés en 2019, pour avoir refusé le statut et des conditions d’esclaves. Leurs dossiers sont encore pendants devant la Justice malienne.

Des armes à feu sont utilisées dans les villages de Makhadougou et Maka lagaré dans la même région de Kayes, contre de paisibles citoyens qui ont osé refuser de se soumettre aux décisions de présumés ou autoproclamés « Maitres ».

Des agressions physiques et menaces de mort sont proférées contre des défenseurs de droits de l’Homme au Mali.

Face à ces actes barbares qui n’honorent pas la République du Mali, les Organisations membres du Réseau Africain de lutte contre les Discriminations fondées sur le Travail et l’Esclavage par ascendance, expriment leur vive indignation. Ces attaques constantes et systématiques contre les personnes considérées comme « esclaves » sont inacceptables et doivent cesser immédiatement, car de telles attaques vicieuses sont incompatibles avec une société inclusive, un Etat républicain.

Lesdites Organisations condamnent avec la dernière énergie, autant ces pratiques indignes, que l’absence de détermination du gouvernement du Mali de combattre une telle situation, qui ébranle l’unité nationale et la cohésion sociale.

Elles invitent le Gouvernement de Transition, à assurer à tous les citoyens, la jouissance de leurs droits constitutionnellement garantis. Il est attendu des autorités qu’elles fassent preuve de fermeté face aux exactions injustifiées sur des personnes et leurs biens.

Les Organisations membres du Réseau Africain de lutte contre les Discriminations fondées sur le Travail et l’Esclavage par ascendance

  • demandent avec insistance l’adoption, dans le plus bref délai, du « Projet de loi criminalisant l’esclavage et les pratiques analogues au Mali », encore sur la table du Conseil des Ministres depuis juin 2016.

Les Organisations membres du Réseau Africain de lutte contre les Discriminations fondées sur le Travail et l’Esclavage par ascendance demandent au Gouvernement de Transition du Mali ;

  • De prendre des mesures immédiates et urgentes pour mettre fin aux exactions, humiliations et violations des Droits de l’Homme dans la Région de Kayes ;
  • De poursuivre et traduire en Justice, les auteurs et commanditaires de ces graves violations des Droits Humains ;
  • D’identifier, de recenser et de dédommager toutes les victimes afin de les rétablir dans leurs droits ;
  • De prendre sans délai, les dispositions pour le retour dans leurs villages respectifs et en toute sécurité, des familles chassées de chez elles.
  • De diligenter en toute urgence des enquêtes transparentes, impartiales et approfondies sur la problématique de l’esclavage dans la région de Kayes.

Par ailleurs les Organisations membres du Réseau Africain de lutte contre les Discriminations fondées sur le Travail et l’Esclavage par ascendance invitent la société civile et les organisations nationales et internationales de défense de Droits Humains à s’impliquer activement dans la lutte contre l’esclavage au Mali en général et particulièrement dans la région de Kayes.

                                                                 Fait à Dakar, le 14 septembre 2021

Ont Signé cette déclaration :

- TrustAfrica

- RADDHO

- Forum Social

- Amnesty international Sénégal

- LSDH

Africans Rising

- Forum du justiciable

- GCAP

- Mouvement citoyen

- Timidria Niger

- G5 Sahel/Esclavage

- Temedt Mali

- Fondation Sahel Mauritanie

- ARED Tchad

- Comité de veille Burkina Faso

- Organisation for the Right of African Descent

-Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH

-LE MSDH

-Afrikajom Center

 

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