Burkina Faso: Présidentielle 2025 - Quand Simon met Roch en garde contre le mandat de trop

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a animé une conférence de presse, le lundi 20 septembre 2021 à Ouagadougou. Le prochain congrès extraordinaire du parti, la situation nationale et internationale ont été les points abordés.

Il reste exactement quatre jours avant l'ouverture du 2e congrès extraordinaire du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dont l'un des points d'orgue sera le renouvellement de la direction politique nationale du parti au pouvoir. Mais avant que les membres de cette instance dirigeante ne rendent le tablier, ils ont eu un dernier face-à- face avec la presse le lundi 20 septembre 2021 au siège national du parti. A cette occasion, Simon Compaoré a indiqué qu'un 3e mandat du président Kaboré n'allait pas être accepté au MPP. Et le faire serait suicidaire, selon lui.

Ce ne serait pas exagéré de soutenir que les membres actuels de la direction politique nationale du parti au pouvoir ont fait leur adieu à la presse au cours de la conférence du jour d'autant plus que le congrès extraordinaire des 24, 25 et 26 septembre du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) sera une occasion de renouveler cette instance dirigeante. A ce face-à-face, il a été, entre autres, question de sécurité et de la fermeture du lycée Philippe Zinda Kaboré et surtout d'un 3e mandat du président Roch Kaboré. Sur le premier point, le président du MPP, Simon Compaoré a reconnu que des efforts restent à faire. C'est pourquoi, dira-t-il «nous allons faire une intervention forte lors du congrès sur cette question pour montrer qu'en tant que parti au pouvoir nous sommes conscients de la situation qui prévaut dans notre pays. Et faire en sorte que toutes les initiatives qui peuvent être développées le soient pour donner véritablement le fouet à notre capacité de bouter le terrorisme hors de nos territoires».

Pour lui, l'heure n'est pas à des invectives. Et à beau avoir la science de la guerre, fait des écoles de guerre ne suffisent pas pour vaincre le terrorisme. Il faut, selon lui, avoir toujours une capacité d'adaptation et voir comment contrer ce mal mondial. Par ailleurs, il a relevé que le MPP s'inscrit en faux contre ceux qui pensent que nous avons des sauveurs quelque part au niveau national ou à l'extérieur qui pourront nous sortir de l'hydre terroriste. «S'il y a toutefois un sauveur, c'est le peuple. Car l'histoire des peuples nous enseigne que quand les peuples se mettent debout, il s'en suit des victoires».

Autre point abordé par l'ancien ministre d'Etat, la fermeture du lycée Zinda. Le patron du parti présidentiel a indiqué que toutes les dispositions ont été prises par le gouvernement pour redéployer les élèves et enseignants du Zinda sur d'autres sites. Et selon lui, les statistiques montrent que plus de la moitié des apprenants de cet établissement se sont inscrits dans d'autres écoles souvent proches de leur domicile. Cependant l'enseignant qui refuserait de rejoindre son poste, même si à l'impossible nul n'est tenu, il prévient que les textes en la matière seront appliqués pour les sanctions.

Par conséquent et sans l'ombre d'aucun doute, il a indiqué que la rentrée scolaire aura bel et bien lieu. Au regard de la situation politique en Guinée les journalistes ne se sont pas fait prier pour connaître la position du MPP par rapport à une potentielle candidature de Roch Kaboré en 2025.

A ce propos, Simon Compaoré se veut clair : «Pas question d'un troisième mandat, en tout cas ça ne sera pas chez nous. Et étant donné que nous avons lutté contre le pouvoir à vie et que les avatars de l'histoire rattrapent toujours, le pouvoir ira aux mains d'une autre personne à la fin du second quinquennat du président Roch Kaboré». Donc «à moins que le président Kaboré veuille se suicider», il ne briguera pas la magistrature suprême à la prochaine présidentielle. Si Simon Compaoré n'a pas souhaité se prononcer sur une autre candidature à la tête du MPP, il a expliqué que le parti au pouvoir a connu trois étapes.

La première concerne sa création et où il s'est agi de désigner un commandant de bord en la personne de Roch Marc Kaboré, pour conduire la destinée de cette formation politique ; ce qui lui a permis d'être le premier président du MPP. «Après la victoire du MPP à la présidentielle de 2015, en mars 2017 à l'occasion de notre congrès Salif Diallo a été élu président du parti Ce qui marque la seconde étape. Et c'est pendant que le parti préparait à relever d'autres défis le président Salifou Diallo est décédé, selon lui. Et d'ajouter que c'est ainsi qu'il a assuré l'intérim de la présidence du Mouvement du peuple pour le progrès.

La troisième étape prend en compte, d'après lui, le congrès à l'issue duquel il a été fait président du MPP. Il faut noter que le second congrès extraordinaire du MPP se tient sous le thème «Poursuivre le renforcement du MPP dans un Burkina Faso résilient, réconcilié et prospère».

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