Cameroun: Fraude bancaire - Arnaques à la carte

Par un procédé qui consiste à récupérer frauduleusement les données d'un individu, les hackers dupliquent cette pièce pour débiter les comptes des victimes.

Le phénomène de fraude à la carte bancaire est assez grave. Au point où il n'a pas manqué d'être relevé par le directeur général de l'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication. Au cours d'un séminaire de sensibilisation des magistrats du Tribunal criminel spécial sur la cybercriminalité, à Yaoundé le 15 septembre dernier, le Pr. Ebot Ebot Enaw a présenté cette pratique comme faisant partie des cybercrimes les plus courants au Cameroun. A côté d'autres délits tels que le scamming, le phishing, etc.

Plus connu sous le nom de « skimming », la fraude à la carte bancaire consiste à récupérer, de manière frauduleuse, les données des cartes bancaires à partir d'un dispositif spécial inséré dans les distributeurs de billet de banque, puis à utiliser ces données pour dupliquer les cartes des victimes et débiter leurs comptes. Le principe consiste à introduire une caméra miniaturisée dans les distributeurs. Celle-ci a pour rôle d'enregistrer les codes et autres informations contenues sur la carte bancaire des clients qui y défilent. Du coup, l'arnaqueur peut récupérer toutes ces données et procéder à des retraits sur les différents comptes.

L'autre procédé utilisé par les hackers profite de la négligence de certains individus qui prennent sur eux de filmer leurs cartes bancaires et partager les photos sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp, Facebook Messenger, Instagram, etc. Ce, dans le but de communiquer certaines informations de leurs cartes bancaires à leurs proches. D'après les spécialistes, les hackers saisissent de telles occasions et n'ont besoin que de trois informations pour passer à l'action. Il s'agit des 16 chiffres qui se trouvent sur la carte, de la date d'expiration de ladite carte (le mois et l'année) et des trois chiffres situés sur le verso de la carte bancaire. Une fois en possession de ces informations, ils peuvent librement effectuer des achats en ligne, ce qui induit évidemment des débits réguliers sur les comptes des victimes, jusqu'à ce que ces derniers le réalisent.

En plus d'obtenir ces informations par la voie sus-évoquée, les données d'une carte bancaire peuvent également être récupérées à la suite d'une perte ou d'un vol. Dans ces cas, les hackers s'empressent de procéder à des achats en ligne, jusqu'au moment où la victime déclare la perte de sa carte et demande qu'on la bloque.

Les cybercafés sont les lieux de prédilection des hackers. Ils y passent du temps, épiant les faits et gestes de ceux qui viennent y effectuer des achats en ligne. Si d'aventure, une personne effectue des achats sur un site non sécurisé, donc ne comportant pas l'insigne de sécurité qui est matérialisé par un cadenas, les hackers clonent ledit site et récupèrent toutes les informations de la victime (numéro de compte, etc.). Ils procèdent par la suite à des débits à travers des achats en ligne.

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