Afrique: Journée mondiale de la sécurité des patients - L'OMS encourage le Tchad à agir maintenant pour un « accouchement sûr et respectueux ».

Ce vendredi 17 Septembre 2021, le Bureau de l'OMS au Tchad s'est associé au Secrétariat général du Ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale du Tchad pour célébrer la journée mondiale pour la sécurité des patients instaurée par l'Assemblée mondiale de la santé dans sa Résolution intitulée « Action mondiale pour la sécurité des patients ».

La sécurité des patients est un domaine des soins de santé qui a émergé avec la complexité croissante des systèmes de santé et la hausse des préjudices causés aux patients au sein des établissements de santé. Les erreurs humaines sont rarement commises par négligence, mais résultent plutôt de défauts, de failles ou de dysfonctionnements des systèmes, des procédés et des procédures avec lesquels les acteurs humains travaillent. Ces failles entraînent inévitablement des erreurs et les effets préjudiciables y relatifs sont souvent catastrophiques aux patients.

L'OMS a identifié trois défis mondiaux majeurs que le monde doit relever pour améliorer la sécurité des patients : « Un soin propre est un soin plus sûr ». Ce défi appelle les Etats membres à lutter contre les infections associées aux soins (on les appelait avant infections hospitalières ou infections nosocomiales) en améliorant l'hygiène des mains dans les hôpitaux et autres établissements de soins. A elles seules, les infections associées aux soins représentent plus de 50% de préjudices que subissent les patients au cours des soins.

« Une chirurgie plus sûre pour épargner des vies ». Ce défi sera relevé en luttant contre les évènements indésirables liés à l'acte chirurgical et qui sont à la base de plusieurs décès et handicaps. En suivant une liste de contrôle (check-list) établie par l'OMS (référence) avant d'opérer un patient pourrait réduire jusqu'à 85% le handicap et le décès dus à l'ace chirurgical.

« Les médicaments sans les méfaits ». Toute personne dans le monde prendra à un moment de sa vie des médicaments pour prévenir ou traiter une maladie. Cependant, les médicaments sont parfois à l'origine d'effets préjudiciables graves s'ils sont pris de manière incorrecte, avec un suivi insuffisant ou à la suite d'une erreur, d'un incident ou d'un problème de communication. Toutes les erreurs de médication sont potentiellement évitables. Elles peuvent donc être substantiellement réduites ou même prévenues par une amélioration des systèmes et des pratiques de médication, et notamment la commande, la prescription, la préparation, l'administration et le suivi. Compte tenu de l'ampleur du sujet, les objectifs donnés à ce troisième défi sont de sauver des vies et de réduire les effets préjudiciables liés à une médication en remédiant de manière spécifique aux failles dans la prestation des services et en développant plus efficacement les systèmes de soins de santé.

Dans les pays où les données épidémiologiques existent, on estime que des événements indésirables se produisent chez 4 à 16 % de tous les patients hospitalisés. Plus de la moitié d'entre eux se produisent lors des soins chirurgicaux, et plus de la moitié sont évitables. Les injections dangereuses, le sang, les médicaments, les infections associées aux soins dues au manque d'hygiène des mains, sont autant d'événements indésirables, qu'on pourrait aisément éviter en appliquant les principes et règles simples établis par l'OMS comme expliqué plus haut. Même si dans plusieurs pays africains, dont le Tchad, l'ampleur des problèmes liés à la sécurité des patients n'est pas bien connue, le peu d'études sur ce sujet montrent qu'elles sont jusqu'à 20 fois parfois plus fréquentes que dans les pays développés.

Le thème retenu pour l'édition 2021 de la Journée mondiale de la sécurité des patients est « Soins maternels et néonatals sans risque » ! La campagne exhorte les pays à « Agir maintenant pour un accouchement sûr et respectueux ! ». Cette campagne est particulièrement pertinente dans un pays comme le Tchad qui enregistre 22 décès maternels par jour. Le drame des décès maternels est qu'ils sont toujours largement évitables.

Les décès de nouveau-nés sont étroitement liés à l'accès et à la qualité des soins fournis aux mères. Au Tchad, selon les données les plus récentes, le taux de mortalité néonatale est de 34 décès pour 1000 naissances vivantes, très éloignés des estimations de l'OMS qui sont de 12 décès/1000 naissances vivantes.

C'est dans ce contexte que l'OMS accompagne le Tchad dans ses efforts à lutter contre les décès maternels et néo-natals. Ainsi, avec l'aide de l'OMS, le Tchad prépare un Dialogue national de haut niveau sur la santé maternelle, néonatale et infantile dont l'objectif est de s'engager sur les stratégies et interventions reconnues efficaces pour la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.

Le souhait de l'OMS est de voir le Tchad atteindre les objectifs de développement durables (ODD) pour ces deux indicateurs à l'horizon 2030 ie, au plus 144 décès maternels /100.000 naissances vivantes et 12 décès néonatals/1000 naissances vivantes. Pour ce faire les efforts à fournir sont de réduire les décès maternels de 15% chaque année pour être au rendez-vous des ODD en 2030 en matière de décès maternels. L'OMS sera toujours aux côtés du Tchad sur son long chemin vers l'atteinte de ces ODD.

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