Congo-Kinshasa: Lutte contre la Covid-19 - Félix Tshisekedi plaide pour un soutien à la stratégie continentale

Le président de la République démocratique du Congo (RDC) et président en exercice de l'Union africaine (UA) a présenté, à la 76e session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU), la stratégie commune contre la covid-19 ainsi que les besoins de financement des économies africaines pour leur redressement.

En sa qualité de président en exercice de l'UA, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo a plaidé pour le financement des économies africaines victimes de la crise sanitaire. Il pense que « la victoire contre la covid-19 n'est possible et durable que si le combat demeure une affaire de tous et si nous atteignons un taux d'immunité́ collective suffisant pour l'ensemble de l'humanité ». Concernant l'Afrique, cette partie du monde a mis en place « une stratégie continentale commune contre la covid-19 », a déclaré le président de l'UA, citant l' exemple de la création d'un Fonds de réponse à la covid-19 et le lancement d'une plateforme de fournitures médicales visant à garantir à tous les pays l'accès aux équipements et fournitures indispensables. Il a, en outre, rappelé le projet d'accord initié par les pays africains pour la création de l'Agence africaine des médicaments, et un accord pour l'achat de 220 doses de vaccins, via l'African vaccine acquisition trust, fixant à plus de vingt-cinq millions par mois le nombre de vaccins à distribuer sur le continent d'ici à 2022.

La covid-19, un virus de l'économie mondiale

Félix- Antoine Tshisekedi-Tshilombo a aussi rappelé les dégâts que fait subir la crise de covid-19, détruisant des vies humaines, qualifiant aussi celle-ci de « virus de l' économie mondiale qu'elle a plongée dans la récession, aggravant ainsi notamment la vulnérabilité et la dépendance des économies des pays pauvres dont beaucoup sont africains ». Le chef de l'Etat de la RDC a poursuivi : « Dans le contexte actuel de la crise sanitaire due à la pandémie de covid-19, les économies africaines ont grandement besoin de financement pour se redresser, cela, d'autant plus que les efforts internes pour amortir le choc de la pandémie et limiter ses dégâts collatéraux se sont avérés nettement insuffisants comparativement aux pays nantis ».

Au vu des motifs énumérés, la reprise qui s'amorce risque d'être inégale, ce qui va creuser davantage des écarts entre l'Afrique conquérante et le reste du monde.

Compte tenu du contexte, il a invité, au nom de l'UA, toutes les initiatives portant sur le financement des économies africaines touchées par la covid-19, notamment les pays du G20, à la suspension du service de la dette et du cadre commun pour la restructuration de la dette, et surtout la nouvelle allocation de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) pour répondre aux besoins de financement des économies des pays en difficulté́, tout en soulignant l'insuffisance des 33 milliards de DTS alloués à l'Afrique au regard de l'immensité́ de ses besoins de relancer les économies de ses pays. Pour cela, il a proposé que les Nations unies et ses Etats membres appuient l'objectif du Sommet de Paris, l'atteinte de 100 milliards de DTS pour l'Afrique, grâce à la réallocation aux pays pauvres de 25% de DTS alloués aux pays riches, accompagnés des partenaires techniques et financiers à l'initiative de l'Alliance sur l'entrepreneuriat en Afrique annoncée lors du Sommet de Paris qui tiendra sa réunion constitutive dans les prochaines semaines.

Le soutien des Etats-Unis aux DTS

Avant le président de l'UA, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, avait exhorté les pays riches à redistribuer les DTS pour soutenir davantage les pays vulnérables, lors d'une réunion des ministres des Finances du groupe des nations du G-7. Par ailleurs, une responsable du Trésor américain chargée de la politique monétaire internationale, Patricia Pollard, avait déclaré que les États-Unis soutiennent cette idée de channeling DTS. Lars Jensen, économiste principal au Programme des Nations unies pour le développement, a fait ce calcul simple. A savoir : 58 pays à revenu élevé ont reçu 438 milliards de dollars sur l'allocation totale de DTS de 650 milliards de dollars, tandis que 82 pays très vulnérables à l'endettement n'ont reçu que 54,5 milliards de dollars.

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