Madagascar: Iles éparses - Rajoelina s'appuie sur les Nations unies

À la tribune des Nations unies, le président de la République a abordé de front la question sur les îles éparses. Il a requis une implication onusienne afin que les résolutions de cette organisation, sur ce sujet, soient appliquées.

«Une blessure encore douloureuse dans le cœur de mon pays et de mon peuple». C'est en ces mots que Andry Rajoelina, président de la République, a crevé l'abcès au sujet des îles éparses à la tribune de l'Organisation des Nations unies (ONU), hier. Prenant la parole devant l'Assemblée générale, le chef de l'État a ainsi demandé plus d'engagement de la part de l'ONU afin que le processus en cours sur le sujet débouche sur la concrétisation de ses résolutions, notamment, de celle qui date de 1979.

«Les pierres angulaires d'une émergence solide sont la souveraineté et l'unité nationale», déclare le locataire d'Iavoloha. A entendre son allocution d'hier, c'est dans cet esprit que la démarche pour la revendication de la rétrocession des îles éparses est menée. À la tribune de l'ONU, il lance alors que «la décolonisation est pourtant inachevée jusqu'à ce jour car la problématique des îles éparses n'a toujours pas été solutionnée et ce, malgré deux résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies».

La France s'est arrogée la propriété des îles éparses, en les séparant de façon unilatérale du territoire malgache, au moment de la décolonisation. Comme l'a rappelé le président Rajoelina, hier, en 1979, l'ONU a demandé à la France, d'initier «sans tarder», des négociations avec Madagascar pour «la réintégration des îles qui ont été séparées de Madagascar de façon arbitraire». L'année d'après, en 1980, l'Assemblée générale a affirmé «son regret», quant au fait que la résolution de 1979, n'ai pas été suivie d'acte et a demandé «que cela soit effectif de façon urgente».

Aspirations légitimes

Dans son allocution d'hier, le chef de l'État a indiqué que, quarante deux ans après les résolutions onusiennes, des travaux sont en cours, actuellement, au sein d'une commission mixte, pour régler le dossier îles éparses. «J'ai bonne foi en une issue positive, juste et apaisée de ces travaux. Et j'invite notre organisation, les Nations unies, à endosser son rôle pour veiller à cela de façon bienveillante et cohérente», soutient le locataire d'Iavoloha.

Mener les négociations sur les îles éparses à travers une commission mixte a été décidé entre Andry Rajoelina et son homologue français, Emmanuel Macron, durant leur rencontre, à Paris, en mai 2019. Un premier face-à-face entre les équipes de négociateurs des deux parties s'est tenu au palais d'Andafiavaratra, à Antananarivo.

La dynamique des discussions a, toutefois, été stoppée par la pandémie de coronavirus. Les deux présidents de la République ont décidé de relancer les négociations au sein de la commission mixte, durant leur dernière rencontre, à Paris, en août. De prime abord, trouver une entente entre les deux pays ne sera, toutefois, pas facile. Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères françaises, a reconnu, la semaine passée, que le dossier îles éparses a été une source de tension entre son pays et Madagascar, l'année dernière.

Les initiatives unilatérales venant de l'Hexagone, comme le décret faisant de l'archipel des Glorieuses une réserve naturelle nationale, n'ont pas contribué à ce que les négociations se déroulent de façon «ouverte et fraternelle», martelé dans les discours officiels de la partie française. La rencontre des deux Présidents, en août, semble cependant, avoir remis les choses à plat. Depuis, «l'excellence» des relations entre les deux pays est accentuée.

Sauf changement de programme, les négociateurs des deux parties se feront, à nouveau, face avant la fin de l'année. La deuxième manche des négociations se jouera, cette fois-ci, à Paris. Bien que les relations entre Madagascar et la France soient de nouveau «excellentes», il est peu probable que l'Hexagone concède aisément à faire des concessions sur ce dossier. À entendre les mots d'Emmanuel Macron, en août, la France table toujours sur l'idée d'une cogestion de ces îles.

À la tribune des Nations unies, hier, Andry Rajoelina a déclaré, «Madagascar n'a ni la puissance, ni les armes et encore moins la prétention de vouloir déclarer une guerre. Nous avons juste foi en la légitimité de nos aspirations et en notre droit à décider du destin de notre territoire».

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