Mali: L'ancien ministre Mahamadou Camara incarcéré

Mahamadou Camara, ex-ministre de la Communication du Mali.

Ancien ministre du président déchu Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Camara est poursuivi dans le cadre de deux affaires, celle de l'achat d'un avion présidentiel et celle des contrats d'équipements militaires. Son inculpation et son incarcération font suite à celles, fin août, de deux autres ministres.

La chambre d'instruction a donc suivi le réquisitoire du procureur général de la Cour suprême. Si Mamadou Timbo refuse de s'exprimer, en raison du secret de l'instruction, plusieurs sources judiciaires confirment à RFI l'inculpation et l'incarcération de Mahamadou Camara. Il est, selon ces sources, poursuivi pour « atteinte aux biens publics, corruption et trafic d'influence ».

Surfacturation de contrats militaires en 2014

Ancien ministre de la Communication d'IBK, il était son directeur de cabinet, avec rang de ministre, au moment de l'achat de l'avion présidentiel et des contrats militaires surfacturés en 2014. Des dossiers à plus de 130 milliards de francs CFA et présentant, selon le Vérificateur général, de « graves manquements à l'orthodoxie financière et comptable ».

En 2020, Mahamadou Camara avait déjà passé près d'un mois en prison, avant l'annulation de la procédure le concernant par la cour d'appel de Bamako, en avril 2020. En mars 2021, un arrêt de la Cour suprême avait validé cette décision, qui ne concernait ni Soumeylou Boubeye Maiga, ni Bouaré Fily Sissoko, les deux autres anciens ministres inculpés et incarcérés il y a un mois dans le cadre de la même enquête.

Ces dernières années, Mahamadou Camara s'était retiré de la scène politique pour se consacrer à ses activités dans le secteur des médias. Les autorités de transition ont promis de s'attaquer à la mauvaise gestion des fonds publics, à la corruption et à l'impunité, sans ménager aucune corporation ni aucune personnalité. Des engagements qui correspondant aux attentes de tous les Maliens.

Certains observateurs, notamment parmi les magistrats et les défenseurs des droits humains, redoutent toutefois une instrumentalisation de la justice.

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