Gambie: Amnesty international dénonce des «lois répressives encore en vigueur»

23 Septembre 2021

Malgré la promesse du président gambien, Adama Barrow, de réformer le pays il y a près de cinq ans, les lois répressives restreignant les droits humains, notamment les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique, qui ont servi sous le régime de son prédécesseur Yahya Jammeh sont toujours en vigueur, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse publiée ce 23 septembre 2021.

Selon Amnesty international le 14 février 2018, la Cour de Justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a rendu un jugement concluant que la plupart des lois relatives aux médias en Gambie bafouaient la liberté d'expression. La Cour a demandé au gouvernement d'abroger ou de modifier toutes les lois pénales relatives à la diffamation, à la sédition et aux fausses informations, afin de les aligner sur les obligations incombant à la Gambie au titre du droit international relatif aux droits humains.

Pourtant, la plupart des textes de loi qui ont servi à réprimer les défenseurs des droits humains, les militants et les journalistes sous le régime de Yahya Jammeh sont toujours en vigueur, dénonce l'organisation de défense des droits humains. Dans sa forme actuelle, le Code pénal contient encore plusieurs clauses restreignant le droit à la liberté d'expression, pénalisant la sédition en lien avec le président et prévoyant des peines sévères, dont l'emprisonnement, contre ceux qui osent critiquer les autorités. Il autorise également la confiscation des publications et des machines d'imprimerie.

Le 30 juin 2020, le défenseur des droits humains Madi Jobarteh a été inculpé de diffusion de fausses informations au titre de l'article 181 A du Code pénal. Le 26 janvier 2020, la police a fermé les stations de radio locales King FM et Home Digital FM qui avaient couvert une manifestation violemment réprimée par la police. Celle-ci a également arrêté les propriétaires et responsables de ces deux radios, et les a inculpés de diffusion de messages incendiaires et d'incitation à la violence. L'article 5 de la Loi relative à l'ordre public qui exige de demander la permission de manifester à la police demeure en vigueur et est invoqué depuis cinq ans pour limiter les rassemblements publics, relève Amnesty International.

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