Madagascar: Tout venant

La réduction de moitié des exportateurs agréés de vanille fait beaucoup jaser le microcosme économique. De cent vingt-quatre l'année passée, ils ne sont plus que soixante six exportateurs autorisés sur trois cent demandes déposées.

Le ministère de l'Industrie, du commerce et de la consommation a purement et simplement effectué une purge dans ce secteur. Le tri était proprement technique. La majorité des exportateurs autorisés viennent de la Sava. Il est donc faux de dire qu'on a favorisé les exportateurs de Tana puisqu'il n'y en a pas. Ceux qui ne sont pas clean vis-à-vis du fisc et de la Finex ont été écartés. Ce qui est tout à fait logique. L'octroi de la licence ne doit pas être automatique. Ce n'est pas parce qu'on est dans le secteur depuis un siècle qu'on s'estime avoir des passe-droits et exemptés de contrôle. Si le prix de la vanille a dégringolé sur le marché international, c'est en partie à cause du désordre qui règne dans le milieu. L'État à travers le Micc veut remettre à la place qu'elle mérite cette plante merveilleuse comme le qualifie le ministre Edgard Razafindravahy dont la mission est justement d'assainir et de mettre de l'ordre là où c'est nécessaire.

Où est le mal si l'État fixe le prix plancher à l'exportation de concert avec le conseil national de la vanille? L'objectif de cette mesure est de protéger les planteurs et les exportateurs contre toute tentative de dumping. C'est empêcher des resquilleurs de vendre en dessous de ce prix hors campagne. C'est déjà le cas et voilà pourquoi le prix de la vanille dégringole. Comment peut-on vendre à bon prix si des petits mercantiles cassent le marché? C'est aussi simple que cela. Et le prix va continuer sa descente aux enfers si on reste les bras croisés. Comment peut -on admettre que les 2376 tonnes de vanille exportées l'année passée n'a rapporté que 350 millions de dollars au lieu de 600 ou 700 millions de dollars. Soit le double de ce que le Fonds monétaire international vient de nous accorder.

Il fallait ainsi apporter un coup de balai pour débarrasser la filière des brebis galeuses qui se sont servies de la vanille pour leur propre intérêt. Une refondation n'était pas de trop et les résultats ne se sont pas faits attendre. En quelques jours de campagne, les premières recettes sont déjà enregistrées.

Produit de luxe très prisée par l'agro-alimentaire et l'industrie cosmétique internationale, la vanille mérite qu'on le déleste du poids des tout-venant. Eh oui, autant le produit doit répondre à des normes de qualité, autant les exportateurs doivent être des modèles d'éthique et de professionnalisme. Un calibrage était nécessaire.

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