Madagascar: Violences - L'exploitation sexuelle en ligne des enfants décortiquée

La lutte pour la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels en ligne a été disséquée par des acteurs de la région Atsimo Andrefana. Les chiffres sont en effet inquiétants.

C hiffres non négligeables. 78,5% des enfants enquêtés, de 9 à 17 ans, lors d'une étude menée dans sept grandes villes du pays par l'ONG Ecpat France Madagascar, utilisent internet. 1502 enfants ont été enquêtés dont 55, 2% de filles et 44, 8% des garçons. 44, 4% des enfants enquêtés ont vécu au moins une expérience d'abus et d'exploitation sexuels en ligne. 43,1% des enfants ont déclaré avoir reçu des contenus à caractère sexuel sur internet tandis que 5,4% en ont envoyé. 2,9% des enfants ont déjà été victimes de « sextorsion» et dans 24, 2% des cas, les auteurs de « sextorsion » réclament des relations sexuelles aux enfants. 69,2% des enfants enquêtés issus de sept villes sont exposés à l' « online grooming » par des inconnus. Parmi ces enfants, 31, 1% ont déclaré avoir déjà eu un rendez-vous avec un de ces inconnus dont 49, 8% avec des personnes ayant plus de 18 ans.

Ces chiffres ont été présentés lors d'une formation des acteurs de la protection de l'Enfant dans la région Atsimo Andrefana par l'ONG Ecpat France. A Toliara, la plupart des enfants ayant vécu une expérience d'abus et exploitation sexuels en ligne ont été en contact avec des nationaux, 78,2% contre 22, 9% d'étrangers. Outre ces chiffres d'illustration des cas de cybercriminalité, des terminologies ont été expliquées.

Plan d'actions

« C'est un atelier de formation de vingt acteurs de la région Atsimo Andrefana, dont l'objectif est de renforcer leurs connaissances sur la prévention des abus et exploitation sexuels en ligne des enfants. L'angle étant d'apporter ce qu'il faut savoir sur les terminologies à utiliser pour protéger au mieux les droits des enfants face à l'exploitation et l'abus sexuels en ligne » explique Toky Nirina Rakotoarimanana, formateur auprès de l'Ecpat France-Madagascar.

Les abus sexuels en ligne et les abus sexuels virtuels, la pédopornographie, la pornification d'enfants, le grooming en ligne et hors ligne à des fins sexuelles, la notion de victime, le tourisme sexuel, la revictimisation ou victimisation secondaire, l'agresseur pédosexuel, sont entre autres les terminologies expliquées. Ces dernières sont utiles pour les ONG œuvrant dans la protection de l'Enfant ou la police des mœurs et de la protection des enfants, dans les termes de poursuite entre autres. « Un guide en langue malgache est en cours d'élaboration avec l'Académie malgache. Les terminologies seront traduites aux dialectes ou aux expressions des acteurs locaux. Les violences sexuelles à l'encontre des enfants se modernisent avec la technologie et nous nous devons d'être à la hauteur dans notre lutte » s'est exprimée Mélanie Rabenitrarivo, substitut du procureur et formateur auprès du ministère de la Justice.

Les trois jours de familiarisation des acteurs aux terminologies relatives à la protection de l'Enfant contre l'abus et l'exploitation sexuels en ligne ont sorti des plans d'actions. La police des mœurs de Toliara s'engage à effectuer des descentes dans les cybercafés pour commencer. La direction régionale de l'Education nationale (DREN) envisage d'organiser des sensibilisations en cascade.

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