Afrique: 76eme session de l'Assemblée générale des Nations Unies - Macky, porte-parole de l'Afrique

25 Septembre 2021

Le président de la République du Sénégal, Macky Sall s'est fait le porte-parole de l'Afrique à la 76ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Prononçant un discours, hier vendredi 24 septembre, à New York, le Chef de l'Etat a relevé l'urgence d'unir les forces pour combattre le terrorisme dans le Sahel. Morceaux choisis.

«L'URGENCE EST LE SAHEL»

Le thème de cette session rappelle l'ampleur et l'urgence des défis qu'il nous faut relever pour l'avènement d'un monde meilleur et plus sûr. L'urgence est au Sahel, où des groupes terroristes continuent leurs attaques et pillages meurtriers contre des populations innocentes. En tant que contributeur de troupes à la MINUSMA, avec 1350 éléments, le Sénégal reste solidaire des pays frères durement éprouvés. Nous continuons de plaider pour que la MINUSMA soit dotée d'un mandat robuste pour lutter efficacement contre les groupes terroristes».

«NOUS NE DEVONS PAS ACCEPTER QUE L'AFRIQUE EN DEVIENNE LE SANCTUAIRE DU TERRORISME INTERNATIONAL»

«A défaut, il est essentiel que les pays membres du G5 sahel bénéficient d'un appui conséquent dans le combat vital qu'ils mènent contre le terrorisme. Où qu'il puisse s'établir, le terrorisme reste une menace globale ; et le système de sécurité collective des Nations Unies doit le combattre. Nous ne devons pas accepter que l'Afrique en devienne le sanctuaire du terrorisme international. Au Proche Orient, le Sénégal réitère son appel à la réalisation du droit du peuple palestinien à un Etat viable, coexistant pacifiquement avec l'Etat d'Israël, chacun à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues».

«LE CHACUN POUR SOI NE NOUS SORTIRA PAS DE LA PANDEMIE»

L'urgence est aussi dans la lutte contre les effets sanitaires, économiques et sociaux dévastateurs de la pandémie COVID-19. Le Sénégal a opté pour une gestion transparente de la maladie dès le premier cas testé positif, le 02 mars 2020, en publiant au quotidien l'état de la situation. En outre, nous avons déployé un Programme de Résilience économique et sociale de près de deux milliards de dollars, pour soutenir les ménages, les entreprises, les travailleurs et notre diaspora, relever considérablement notre plateau médical, assurer la gratuité des tests et des soins, et acquérir des vaccins. (... ) En dépit de ces efforts appréciables, la fracture entre pays vaccinés, au Nord, et non vaccinés, au Sud, ne cesse de s'élargir ; ce qui ne fera que retarder l'éradication de la pandémie et le retour à une vie normale pour tous. Le chacun pour soi ne nous sortira pas de la pandémie. Personne ne sera à l'abri si le virus et ses variants continuent de circuler quelque part dans le monde. Seule une réponse planétaire, facilitant l'accès de tous aux vaccins, viendra à bout de cette maladie planétaire. Dans cet esprit, je remercie les pays et Institutions partenaires qui soutiennent le projet de production de vaccins par l'Institut Pasteur de Dakar. C'est une initiative majeure, au service de l'Afrique.

«L'AFRIQUE A BESOIN D'UN FINANCEMENT ADDITIONNEL D'AU MOINS 252 MILLIARDS DE DOLLARS D'ICI A 2025 POUR CONTENIR LE CHOC ET AMORCER SA RELANCE ECONOMIQUE»

Le Sénégal participera au financement du projet avec une partie de ses DTS. En même temps, nous devons poursuivre les efforts de relance économique. C'est l'objet du New Deal avec l'Afrique, issu du Sommet de Paris du 18 mai dernier sur le financement des économies africaines. Grâce au consensus réalisé au sein du G20 le premier objectif du Sommet a été atteint, avec l'émission historique de Droits de Tirages Spéciaux à hauteur 650 milliards de dollars. Je salue la diligence de Madame Kristalina Georgieva, Directrice générale, du Fonds Monétaire International, dans la mise en œuvre ce consensus. Ainsi, l'Afrique a pu disposer de son quota de 33 milliards de dollars pour renforcer sa résilience sanitaire, atténuer en partie l'impact de la crise et amorcer la relance économique. C'est un acquis considérable, dont il faut se féliciter. Cependant, au regard de l'impact profond de la crise, l'Afrique a besoin d'un financement additionnel d'au moins 252 milliards de dollars d'ici à 2025 pour contenir le choc et amorcer sa relance économique. Travaillons donc ensemble pour réaliser le deuxième objectif de Paris. Il s'agit de réallouer, en faveur des pays africains, selon des modalités à convenir, 67 milliards de dollars, mobilisables sur les quotas de DTS des pays riches qui y consentent, pour atteindre le seuil des 100 milliards convenus. Nous pouvons y arriver, en maintenant le dialogue ouvert et confiant déjà engagé. C'est ainsi que nous pourrons asseoir les prémices d'un New Deal avec l'Afrique, par une gouvernance économique et financière mondiale réformée, plus juste et plus inclusive. Ce New Deal est possible, si nous faisons en sorte que les paradigmes relationnels avec le continent reposent plus sur le partenariat que sur l'aide publique au développement. De toute évidence, l'aide ne peut satisfaire les besoins d'un continent de plus d'un milliard d'habitants où beaucoup reste encore à construire. En plus de ses efforts internes, l'Afrique en quête d'émergence a surtout besoin d'accéder à des ressources concessionnelles et mixtes conséquentes, sous forme de prêts, pour financer les secteurs indispensables à son décollage économique : infrastructures, énergie, agriculture, industrie, eau et assainissement, santé, éducation et formation, entre autres.

UN NEW DEAL AVEC L'AFRIQUE

Pour ce faire, un New Deal avec l'Afrique devrait aider à vaincre les déterminismes qui entravent l'accès du continent à ces ressources. J'appelle les pays et Institutions partenaires à travailler avec nous à l'assouplissement des règles de l'OCDE pour libérer le potentiel de l'investissement en Afrique. Chacun y trouvera son compte ; car les besoins en investissements d'une Afrique en construction constituent autant d'opportunités de croissance et de prospérité partagées. De même, la réforme des Nations Unies s'impose 76 ans après la naissance de notre Organisation. Le système multilatéral inspire confiance pour autant qu'il fédère les aspirations et intérêts de toutes ses composantes. Il est temps que la composition du Conseil de Sécurité reflète les réalités des Nations Unies du 21e siècle, dans toutes leurs diversités, et non celles, révolues, du monde de l'après-guerre. Le Sénégal réaffirme son attachement à la position africaine commune exprimée dans le Consensus d'Ezulwini. Bâtir notre avenir commun, c'est aussi prendre soin de notre planète, conformément au principe de responsabilité commune mais différenciée, face aux ravages du réchauffement climatique. Au titre de sa Contribution déterminée nationale, le Sénégal poursuit ses efforts de transition énergétique, portant les énergies renouvelables à plus de 30% de ses capacités électriques installées. Ce taux sera renforcé avec le projet en cours d'électrification solaire de 1000 villages, en partenariat avec le Fonds Vert Climat et la Banque ouest africaine de Développement. A terme, grâce à la stratégie gasto-power, nous visons un objectif de 100% d'énergies propres avec l'exploitation prochaine de nos ressources gazières. Mais nos pays ne peuvent réussir la transition énergétique et renoncer aux schémas pollueurs des pays industrialisés, sans une alternative viable, juste et équitable. L'exploitation du gaz naturel comme énergie de transition doit être soutenue.

«UNE GRAVE ATTEINTE A NOS EFFORTS»

C'est pourquoi le Sénégal considère que l'arrêt des financements de la filière gazière, sous prétexte que le gaz est une énergie fossile, sans tenir compte du fait qu'il est aussi et surtout une énergie propre, serait une grave atteinte à nos efforts de transition énergétique, d'accès universel à l'électricité, de compétitivité et de développement économique et social. Nos pays qui subissent déjà le poids écrasant de l'échange inégal ne sauraient porter le fardeau d'une transition énergétique inéquitable. J'appelle, par conséquent, au maintien des mécanismes de financement du gaz comme énergie de transition. Un autre défi majeur nous interpelle : celui de la condition féminine dans le monde. Alors que nous venons de célébrer le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d'Action de Beijing avec l'Initiative Génération Egalité, nous savons que des progrès ont été certes accomplis. Mais nous mesurons surtout le long chemin qui nous sépare de l'objectif d'élimination de toute forme d'inégalité, de discrimination et de violence contre les femmes et les filles. Il n'est pas acceptable que les femmes et les filles, qui constituent la moitié de l'humanité, continuent de subir de tels traitements au 21e siècle.

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