Afrique: Air Madagascar - Deux Airbus, trois Twin-otter et quatre avions ATR cloués au sol

Les syndicalistes de la compagnie Air Madagascar réclament un soutien financier de l'Etat pour pouvoir réparer rapidement ces avions.

Le syndicat des employés de la compagnie aérienne nationale Air Madagascar tire la sonnette d'alarme.

En effet, « la compagnie risque de ne plus pouvoir redécoller si l'Etat ne prend aucune mesure d'urgence dans le court terme surtout au niveau de la gestion de sa flotte en attendant la mise en application du nouveau business plan dont nous ignorons son contenu. Deux Airbus A 340 destinés pour les vols longs courriers ainsi que trois Twin-otter et quatre ATR utilisés pour les vols domestiques, restent cloués au sol à l'aéroport d'Ivato. Nous réclamons ainsi un soutien financier de la part de l'Etat servant à financer les coûts de réparation et de maintenance de ces avions pour pouvoir faire fonctionner Air Madagascar. Il ne reste plus que deux avions ATR opérationnels qui assurent le réseau intérieur, et ce, sur deux lignes différentes ». Le délégué syndical des cadres au sein d'Air Madagascar, qui plus est le président du syndicat des techniciens d'exploitation, Alain Rabetrano, l'a exposé lors d'une conférence de presse hier à Analakely.

Régularisation des dettes. « Concernant les deux Airbus A 340, l'un d'entre eux qui est immatriculé malgache, est immobilisés au sol depuis l'année dernière en raison d'une panne de ses trois moteurs tandis que l'autre qui est exploité en partenariat avec la compagnie irlandaise Air Atlanta, ne peut pas décoller sans une révision technique. Quant aux quatre avions ATR et aux trois Twin-otter qui sont gérés par la compagnie Tsaradia, la filiale d'Air Madagascar, des pièces détachées doivent être remplacées pour pouvoir les mettre en service. Tous ces avions restent en ce moment immobilisés au sol à Ivato. Raison pour laquelle, nous demandons un appui financier de l'Etat sous forme de subventions entre autres, pour que la compagnie aérienne nationale puisse fonctionner à la normale, sans oublier la régularisation de ses dettes liées surtout à l'exploitation des avions. Il est à rappeler que nous payons toujours la location mensuelle de ces avions même s'ils ne sont pas opérationnels », d'après toujours ses explications.

Aucun vol extérieur. Face à cet état de fait, ce délégué syndical a rajouté que la compagnie Air Madagascar ne peut pour l'heure assurer aucun vol extérieur même si l'Etat procède à la réouverture des frontières à compter du mois prochain. « Soit, l'on est obligé de louer des avions ou travailler en partenariat avec d'autres compagnies étrangères pour pouvoir effectuer des vols longs courriers », a-t-il enchaîné. De son côté, le ministre des Transports, Tinoka roberto a annoncé que l'Etat est fin prêt pour la réouverture des frontières de Madagascar. « Un comité inter-ministériel se chargeant de la mise en application effective des protocoles sanitaires suivant les normes requises sera bientôt mis en place. Dans la même foulée, les dossiers de Madagascar sont déjà remis au niveau de l'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale, pour ce faire », a-t-il évoqué.

Décisions stratégiques. Par ailleurs, les syndicalistes ont soulevé que les décisions stratégiques prises par les dirigeants étatiques qui se succèdent depuis 1991 jusqu'à maintenant, sont à l'origine de la défaite de la compagnie aérienne nationale, y inclus les crises politiques. « Il en est de même pour le choix de la flotte et des partenaires stratégiques. Tout récemment, le partenariat avec Air Austral s'est soldé par un état financier catastrophique. Les impacts de la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19, n'est pas en reste. En conséquence, les dettes de l'entreprise ne cessent d'augmenter et les salaires des 717 employés ne sont plus payés régulièrement. Certains d'entre nous perçoivent des salaires à 100% tandis que d'autres ne sont plus payés qu'à 50%, voire 30% depuis décembre dernier. En dépit de tout cela, nous revendiquons un soutien financier afin de couvrir les charges liées à la réparation de tous ces avions. Une fois opérationnels, la compagnie pourra régler nos salaires. A part cela, elle vient d'obtenir une dérogation de trois mois, soit jusqu'à la fin de l'année si sa licence d'exploitation vient d'être expirée », a conclu Alain Rabetrano.

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