Congo-Brazzaville: Riac 2021 - Les artistes plasticiens restituent leur participation par une exposition

À travers une vingtaine d'œuvres aussi marquantes qu'originales, l'exposition de clôture de la neuvième édition de la Rencontre internationale d'arts contemporains (Riac), initiée par les ateliers Sahm, donne à voir et à réfléchir sur la relation que chaque être partage avec la terre.

L'exposition autour du thème « Habiter la terre », qu'abrite actuellement les ateliers Sahm dans le cadre de la clôture de la neuvième édition de la Riac, a réuni près d'une vingtaine d'artistes issus notamment du Congo-Brazzaville, du Cameroun, de l'Ouganda, du Tchad, de la Côte d'Ivoire, du Mali, etc. Cette exposition est la restitution des différents ateliers, partages et échanges organisés durant trois semaines à l'occasion de cet événement.

Exposé sous la forme d'un triptyque, « Na moyindo na moyindo », traduit par du noir au noir, est le titre de l'œuvre qu'a présentée l'artiste Leuna Njiele Noumbimbo. Pour elle, "Habiter la terre" c'est un voyage, du fait qu'on vient de nulle part et qu'on ne sait pas où l'on va. Pour questionner le temps, sa toile laisse à voir trois étapes de l'évolution humaine : l'enfance, la jeunesse et la vieillesse.

"Habiter la terre" s'assimile aussi à la notion de rencontre chez l'artiste camerounaise car « en naissant on découvre des gens, on se partage des émotions, on en fait d'autres vies, on se soutient, on chemine ensemble et on vit avec d'autres êtres vivants qui sont les arbres, plantes, oiseaux... ». Du point de vue technique, grâce à sa participation à la Riac, Leuna a fait une exploration nouvelle à travers le collage papier sur toile et aussi la fragmentation pour exprimer la notion de fragilité chez l'être humain.

Dans la représentation imaginaire de Vanessa Manta, "Habiter la terre" renvoie à l'unité. « Le monde c'est lui, toi, moi, nous. Alors, d'où vient le mal au milieu de nous ? », s'interroge l'artiste. Pour avoir été agressée une fois par un gang de jeunes garçons appelés communément au Congo « Bébés noirs », Vanessa Manta parle de criminalité juvénile à travers ses deux toiles « Chocs » et « Cantonner ». Son travail est donc un appel à unir nos forces pour éradiquer la terreur qui ne cesse d'assombrir l'humanité.

Sarah-Paul Kounkou, de son côté, a présenté un tableau de 120×66 cm intitulé "Urgence" grâce à la technique d'acrylique sur toile et jets de sable. Ce travail, ode à l'environnement, laisse apparaître un enfant avec une brouette remplie de bois, de fleurs et d'eau. « En tant qu'artiste, je n'ai que de l'espoir à donner pour stimuler la conscience collective de l'urgence qu'il y a quant à la préservation de l'environnement », a-t-elle fait savoir. "Pollution" d'Obed Nkondi, « La pollution sur la terre d'Afrique » de Rahim Lascony et "Empreinte du progrès » d'Alegra Nicka s'articulent également autour de la notion d'écologie.

Ainsi, " Science et vie" d'Alhassane Konté et "Remise en cause" de Girel Ganga font suite à ces différentes réflexions pour emmener l'humain à une introspection sur sa manière de vivre la terre. Etant le principal acteur, l'homme est donc invité à conscientiser ses actions pour un meilleur partage de l'espace avec d'autres êtres vivants. Et, cette préoccupation trouve également sa résonnance dans les travaux de Falhone Ogoun qui s'exprime à la place de la planète, victime de toutes formes de pression de la part des êtres humains depuis très longtemps. Par ailleurs, Falhone effleure la question de l'héritage des générations futures car pour elle, « c'est parce qu'on est de passage sur terre qu'on devrait en prendre soin. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas ». En mettant en avant la femme, elle montre également la fragilité de la terre qui, comme une femme, a constamment besoin d'entretien.

Pilotée par les ateliers Sahm depuis 2012, la Riac permet à chaque édition de valoriser de façon optimale les artistes exposés et leurs œuvres. Une manière de leur laisser toute la place requise pour s'exprimer et être entendus. Outre les artistes plasticiens, une tribune avait également été accordée aux danseurs et musiciens pour rehausser l'ambiance à la clôture de l'événement qui a connu, entre autres, la présence de Jacqueline Lydia Mikolo, ministre des Petites et moyennes entreprises, de l'Artisanat et du Secteur informel; du Dr Wolfgang Klapper, ambassadeur d'Allemagne au Congo; et d'un représentant de l'Institut français du Congo.

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