Congo-Kinshasa: Arrestation de 17 jeunes nande dans un dossier d'assassinat - Nord-Kivu - Mbambu Mughole exige la libération

Dix-sept jeunes congolais tous nande auraient été identifiés comme égorgeurs ADF. Certains polémistes en ont profité pour lancer des piques à la notabilité nande qui, selon eux, affiche un silence confus... mais tout d'abord une mise au point.

"La communauté ne va pas se faire la défenseure par principe de tout Nande interpellé par la justice. Dans toutes les sociétés au monde, les cours et tribunaux sont institués pour le bien de tous. Si nous intervenons dans cette question précise, c'est parce qu'il y a un contexte particulier dont l'ignorance portera préjudice à la solution attendue de tous".

*HONORABLE MBAMBU MUGHOLE : LES 17 JEUNES NANDE, VÉRITABLES TUEURS OU VICTIMES EXPIATOIRES ?*

Dix-sept jeunes congolais tous nande auraient été identifiés comme égorgeurs ADF. Certains polémistes en ont profité pour lancer des piques à la notabilité nande qui, selon eux, affiche un silence confus... mais tout d'abord une mise au point. La communauté ne va pas se faire la défenseure par principe de tout Nande interpellé par la justice. Dans toutes les sociétés au monde, les cours et tribunaux sont institués pour le bien de tous. Si nous intervenons dans cette question précise, c'est parce qu'il y a un contexte particulier dont l'ignorance portera préjudice à la solution attendue de tous.

La première chose à dire est qu'il ne doit pas être étonnant que certains jeunes Nande soient appréhendés en situation illicite pour la simple raison que dès le début de la détérioration de la situation sécuritaire, de nombreux jeunes et enfants ont été enlevés par les agresseurs. On sait bien que dans de telles situations, les ravisseurs ont pour technique de conditionner les captifs et en faire des tueurs.

La deuxième chose est que la justice nous précise si ces jeunes ont été surpris en train d'égorger. Dans ce cas, il faut faire un procès avec les noms des victimes avec les preuves de l'accusation. Nous n'avons pas entendu pareille chose à l'heure qu'il est. Sinon, leur accoler le qualificatif d'égorgeurs est précipité, pour ne pas dire suspect.

Une troisième et dernière chose est l'hypothèse que ces jeunes appartiennent à un groupe "d'autodéfense", appelé aussi groupe armé par d'autres. Tout le monde, et ce n'est pas le président de l'assemblée nationale qui dira le contraire, reconnaît l'existence de tels groupes (une centaine) dans les deux Kivu et l'Ituri, avec même des zones interdites à l'armée loyale. Ceci nous ramène à la question essentielle et qui fâche : comment se défendre quand la défense officielle est défaillante et que le climat de confiance entre l'armée et la population semble perdu ? Ce n'est pas en envoyant dix-sept jeunes surpris en possession d'armes en prison que la question sera résolue, loin s'en faut. Nous devons tous, l'état et les citoyens, dont les notabilités des deux Kivu et de l'Ituri, prendre le courage d'aborder dans sa globalité toute la problématique sécuritaire. Accusations mutuelles et hypocrisie ne feront pas avancer notre cause, mais plutôt servent les desseins de nos ennemis.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X