Sénégal: Régulation des réseaux sociaux - une doléance qui revient souvent

29 Septembre 2021

Le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, est revenu sur la nécessité de contrôler les réseaux sociaux, lors de la cérémonie officielle du Magal de Touba. Auparavant, des semaines plus tôt, Serigne Babacar Sy Mansour avait aussi fait la même requête. Une «nécessité» que le président de la République, Macky Sall, a réaffirmé à plusieurs occasions. Seulement, autant les dérives sur les réseaux inquiètent plus d'un, autant des voix s'élèvent pour alerter sur le fait que cette volonté et/ou appels récurrents à leur régulation ne servent de prétexte aux autorités pour «légaliser une censure» qui ne dit pas son nom.

Le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké s'est prononcé sur les dérives notées sur les réseaux sociaux. C'était lors de la cérémonie officielle du Magal de Touba, lundi 27 septembre 2021. Auparavant, c'est le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, qui a eu à le faire, en demandant à l'autorité étatique de veiller à leur régulation. Le président de la République, Macky Sall, quant à lui, s'est engagé à contrôler ses nouveaux moyens de communication. «Déjà le gouvernement a engagé une réflexion sur la régulation du secteur des médias sociaux et un texte est presque prêt. Nous allons le partager avec vous. On ne peut pas laisser continuer ce qui se passe dans notre pays, dans ce domaine. Ce n'est pas possible. Du coup, le texte sera aussi en concertation avec les professionnels pour certainement améliorer la régulation qui est aujourd'hui très faible et pour pouvoir tout à fait consacrer la liberté d'opinion, d'expression, mais dans le respect de la dignité de chaque citoyen», avait-il dit, le 1er mai dernier, lors de la cérémonie de remise des Cahier des doléances des syndicalistes au Palais de la République. Il avait ajouté : «on ne peut pas laisser les gens détruire comme ça les réputations de personnes, de familles, gratuitement, parce qu'on se croit être dans l'anonymat. Donc, des mesures seront prises très rapidement sur ces questions», avait déclaré Macky Sall. Cette volonté de l'Etat de «contrôler» les réseaux sociaux est réaffirmée par le ministre de l'Economie numérique et des télécommunications, Yankhoba Diattara, lors de l'atelier de lancement du Cadre de concertation sur l'harmonisation et l'actualisation du cadre juridique du secteur des TIC, tenu en juin dernier.

«Le gouvernement du Sénégal est résolument engagé contre tous les abus sur les réseaux sociaux ; et pour cela, tous les moyens seront mis en œuvre L'abus que certains font de l'utilisation des réseaux sociaux tend à s'exacerber, si l'on n'y prend pas garde. Ce phénomène peut déstabiliser notre harmonie sociale, fondée sur la paix et la fraternité», avait soutenu le ministre qui, en visite à la Commission des données personnelles (Cdp), le jeudi 23 septembre 2021, s'est engagé avec la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, à barrer la route aux auteurs de ces dérives. (Voir par ailleurs). Déjà, en 2019, le Code des communications électroniques adopté par l'Assemblée nationale avait soulevé la colère des acteurs qui craignent un moyen de restreindre les libertés. Surtout que cette loi, dans son article 27, fait remarquer que «L'Autorité de régulation peut autoriser ou imposer toute mesure de gestion du trafic qu'elle juge utile pour, notamment, préserver la concurrence dans le secteur des communications électroniques et veiller au traitement équitable de services similaires», faisant ainsi référence au nouveau pouvoir de l'Autorité de régulation des télécommunications et de postes (Artp).

Espace de discussions, surtout entre les jeunes, les réseaux sociaux servent parfois de moyens d'insultes des autorités religieuses. Quid des publications des photos, enregistrements sonores et/ou vidéos de personnalités notamment politiques ou de célébrités, entre autres, souvent pris à l'insu des concernés, en violation de la loi sur les données personnelles ? Ils sont utilisés parfois comme arme/moyen «puissant» pour atteindre ou «détruire» l'adversaire politique (du même camp ou opposant), le concurrent, etc. Des certains cas, des poursuites judiciaires ont été intentées notamment contre des personnes qui proféraient des insultes contre des guides religieux. Les réseaux sociaux sont toutefois des moyens de communication incontournables, de nos jours.

Plusieurs autorités politiques s'en servent pour faire passer leurs messages. Ils servent également de moyens d'exprimer la solidarité entre citoyens. Des appels à l'aide s'organisent à travers les réseaux sociaux. Ils sont aussi des moyens de dénonciation. Pour preuve, il y a les vidéos postées sur le trafic de visas, entre autres.

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