Mozambique: Un groupe lié à l'EI enrôle des enfants soldats

Des jeunes femmes étudient dans une école de la région de Cabo Delgado, au Mozambique, touchée par le conflit.
communiqué de presse

Johannesburg — Ces garçons sont forcés de suivre un entraînement avant d'être déployés contre les forces gouvernementales

Un groupe armé lié à l'État islamique (EI) dans le nord du Mozambique enlève des garçons et les contraint à combattre les forces gouvernementales, en violation de l'interdiction internationale de l'utilisation d'enfants soldats, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Ce groupe armé, connu localement sous le nom d'Al-Shabab, a enlevé des centaines de garçons, dont certains n'avaient que 12 ans, dans la province de Cabo Delgado située dans le nord-est du pays. Après un entraînement dans des camps d'Al-Shabab, ces garçons ont été forcés à se battre aux côtés d'adultes contre les forces gouvernementales. Dans la ville de Palma, des parents ont déclaré avoir ensuite reconnu leurs fils, tenant des armes, lors d'une attaque perpétrée par des combattants de ce groupe armé.

« L'utilisation d'enfants dans les combats est cruelle, illégale et ne devrait jamais avoir lieu », a déclaré Mausi Segun, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch. « Le groupe Al-Shabab qui sévit au Mozambique devrait immédiatement cesser de recruter des enfants et libérer tous ceux qui sont dans ses rangs. »

Human Rights Watch s'est entretenu par téléphone avec quatre parents de garçons kidnappés, un ancien enfant soldat et deux témoins d'abus. L'enfant soldat et les témoins s'étaient échappés de la base d'entraînement d'Al-Shabab dans la ville de Mbau, où ils avaient été retenus captifs pendant plusieurs semaines. Leurs récits concordent avec les reportages des médias selon lesquels le groupe armé enlevait des garçons pour en faire des combattants.

« J'étais à genoux, suppliant les Mashababos [le nom local d'Al-Shabab] de m'emmener à la place de mon fils, tandis que ma femme saisissait son pantalon pour l'empêcher de partir », a déclaré un père. « L'un des hommes a frappé ma femme à la tête avec un AK-47 [fusil d'assaut] pour la forcer à lâcher prise, et un autre homme a menacé de nous tuer tous si nous ne laissions pas notre fils partir. »

En juin 2021, l'organisation humanitaire Save the Children estimait que des groupes armés non étatiques à Cabo Delgado avaient enlevé au moins 51 enfants, pour la plupart des filles, au cours de l'année écoulée. Un groupe local, l'Observatório do Meio Rural (OMR), a signalé que les garçons kidnappés élargissaient les rangs des groupes armés dans la région.

Le Protocole facultatif des Nations Unies à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, que le Mozambique a ratifié en 2004, interdit aux groupes armés non étatiques de recruter des enfants de moins de 18 ans. La Cour pénale qualifie de crime de guerre la conscription, l'enrôlement ou l'utilisation active d'enfants de moins de 15 ans dans des hostilités actives pendant un conflit armé.

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