Ethiopie: L'expulsion de responsables onusiens est une décision illégale pour l'ONU

Conseil de sécurité des Nations Unies en séance publique

L'ONU a réagi vendredi 1er octobre à l'expulsion de sept de ses employés d'Éthiopie. Pour l'organisation, désigner ses équipes persona non grata est contraire aux règles du droit international et à la charte des Nations Unies. Jeudi 30 septembre, le gouvernement éthiopien avait annoncé l'expulsion sous 72 heures de sept responsables d'agences de l'ONU accusés d'« ingérence » dans ses affaires internes.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

Pour l'ONU, la décision unilatérale éthiopienne est tout simplement illégale. L'organisation l'a signalé à la mission d'Éthiopie à New York ce vendredi 1er octobre : le concept de persona non grata ne s'est jamais appliqué aux fonctionnaires des Nations Unies - il ne peut que concerner les diplomates rattachés à un pays. Les salariés de l'ONU disposent eux d'une immunité, en accord avec la Charte adoptée par les États membres. Et c'est ce qu'a expliqué le secrétaire général Antonio Guterres ce vendredi au téléphone au premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed. Pour autant, rien d'autre n'a transpiré de leur entretien et un retrait de cette décision est estimé peu probable à New York.

Le Conseil de sécurité ne tranche pas la question

Le Conseil de sécurité qui s'est réuni en urgence et à huis clos pour évoquer cette crise n'a pas avancé sur la question, vendredi. La Russie a demandé de vérifier les preuves en la possession d'Addis-Abeba qui accuse ces sept fonctionnaires « d'ingérence » et de « mauvais comportements », avant de décider si oui ou non le Conseil pourra réagir d'une seule voix et peser dans le débat.

À l'ONU, certains se demandent si cette décision n'est pas une répercussion des propos tenus cette semaine par le responsable des Affaires humanitaires Martin Griffith. Il avait dénoncé des blocages de l'acheminement de l'aide aux populations.

« Ce n'est pas les premières actions contre la communauté humanitaire », regrette Laetitia Bader (HRW)

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