Algérie: Diplomatie - Alger rappelle son ambassadeur pour « consultation »

Le torchon brûle entre la France et l'Algérie. Le 2 octobre, Alger a rappelé son ambassadeur à Paris « pour consultation », indique un communiqué officiel de la présidence algérienne. En langage diplomatique, il s'agit de montrer sa colère.

La présidence algérienne justifie le rappel de son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud, par son « rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures », précisant avoir pris sa décision à la suite de « déclarations attribuées » au président français, Emmanuel Macron. « À la suite des propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribués nommément au président de la République française, l'Algérie exprime son rejet catégorique de l'ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos », a indiqué la présidence algérienne. Le président français évoque « un système politico-militaire » au pouvoir en Alger, peut-on lire dans un article paru dans le quotidien Le Monde, qui relate des propos tenus lors d'une rencontre entre Emmanuel Macron et des descendants de protagonistes de la guerre d'Algérie.

Des propos qualifiés d' « irresponsables » par Alger. Emmanuel Macron estimerait que l'Algérie se serait construite sur « rente mémorielle » après son indépendance en 1962, « une histoire officielle totalement réécrite [qui ne s'appuie pas sur des vérités mais sur un discours qui repose sur une haine de la France ». Ces propos trouvent un écho particulier dans le contexte de tension déjà existant entre Alger et Paris.

La France a annoncé, la semaine dernière, une réduction drastique de l'octroi des visas dans le Maghreb. Paris compte réduire par deux le nombre de visas pour l'Algérie et de 30% pour la Tunisie. Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a parlé d'une mesure drastique, inédite, mais nécessaire, pointant du doigt la responsabilité de l'Algérie, du Maroc et de la Tunisie, qui « n'acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France ».

Cette mesure gouvernementale a valu une convocation de l'ambassadeur de France, François Gouyette, au ministère des Affaires étrangères pour se voir notifier « une protestation formelle du gouvernement algérien suite à une décision unilatérale du gouvernement français affectant la qualité et la fluidité de la circulation des ressortissants algériens à destination de la France ».

Alger avait, en outre, déploré un « acte malencontreux qui frappe de précarité et d'incertitude un domaine sensible de coopération » entre les deux pays. Emmanuel Macron a, toutefois, souligné « un bon dialogue » avec son homologue algérien actuel, Abdelmadjid Tebboune. C'est la seconde fois qu'Alger convoque son ambassadeur à Paris depuis mai 2020.

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