Cameroun: « L'enjeu majeur est la maîtrise des effectifs »

interview

Pr. Idrissou Alioum, recteur de l'Université de Maroua.

Quelle place l'université de Maroua accorde-t-elle à la professionnalisation des enseignements ?

Je voudrais d'abord rappeler deux choses au sujet de la professionnalisation des enseignements. C'est une option étatique d'une part et d'autre part, elle cible les établissements facultaires classiques. Traduite dans les faits, cette double option a fait son chemin et le bilan est satisfaisant à l'université de Maroua. On peut estimer à plus de 96% le taux d'insertion des jeunes diplômés de l'université de Maroua, vu le caractère professionnel de leur diplôme et la grande proportion des professeurs et conseillers d'orientation issue de l'Ecole normale supérieure.

Il a été autorisé, pour cette année académique 2021-2022, la création et l'ouverture d'une licence professionnelle trilingue/traduction et interprétariat au département de lettres bilingues de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines, mais également un Master professionnel en droit et administration de la santé à la Faculté des sciences juridiques et politiques. Il y a la licence professionnelle en réhabilitation sociale et fonctionnelle, rendue à sa 4ème cuvée en cette année universitaire.

Mise en place par une convention de partenariat entre le ministère des Affaires sociales, l'association italienne AIAS di Afragola-Université de Naples et l'Université de Maroua. Cette formation couvre cinq domaines que sont l'orthopédie, l'orthophonie, la kinésithérapie, la réhabilitation sociale et fonctionnelle et la neuro-psycho-motricité. La création du Centre régional de réhabilitation des personnes handicapées à Maroua par le Chef de l'Etat le 19 septembre 2020 donne une visibilité toute particulière à cette formation professionnelle unique sur le plan national et sous régional et les ressources humaines qualifiées provenant de l'université de Maroua pourraient y exercer aisément.

A quelles innovations doit-on s'attendre cette année à l'université de Maroua ?

A l'université de Maroua, l'innovation est perçue comme principe de gouvernance. Nous mettons un point d'honneur sur la recherche des solutions pouvant rendre efficaces nos actions. L'innovation majeure cette année sur le plan académique, c'est la dématérialisation complète des pré-inscriptions ouvertes depuis le 6 septembre 2021, conformément au calendrier académique défini par le ministère de l'Enseignement supérieur. L'enjeu majeur de cette innovation est la maîtrise des effectifs et les conséquences positives qui en découlent.

Egalement comme innovation, il y a la mise en service des Centres du développement du numérique universitaire. L'autre composante du don du chef de l'Etat arrimée aux PBHeV. Il s'agit là d'un tournant dans la gouvernance académique et heuristique de nos universités en les plaçant dans une situation d'autonomie digitale et des laboratoires du e-learning, mieux des amphithéâtres virtuels. L'ajustement requis du binôme enseignant-étudiant est impératif pour une meilleure appropriation des fonctionnalités et avantages immenses qu'apporteront ces Centres du développement du numérique universitaire.

Existe-t-il de nouvelles offres d'enseignement par rapport à l'année académique écoulée ?

Bien évidemment et surtout dans le sens de l'innovation et du pragmatisme. Prenons l'exemple des parcours classiques, à la Faculté des arts, lettres et sciences humaines, il s'agit de la création et l'ouverture d'une licence et d'un master recherche en sciences du patrimoine et tourisme au département des sciences historiques, archéologiques et du patrimoine ; d'un Master recherche en communication au département des sciences du langage.

A la Faculté des sciences juridiques et politiques. Il est question d'un master recherche en droit international et communautaire au département de droit public international tandis qu'à l'Ecole normale supérieure, a été créé et autorisé à ouvrir un Master recherche en études italiennes au département de langues étrangères.

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