Congo-Kinshasa: Trop d'altostratus...

Maintenant que les contradictions ont mûri jusqu'à devenir antagonistes au sein des confessions religieuses, plus principalement, dans les huit églises constitutives de cette plateforme, où trouvera-t-on l'issue ? Tous les délais donnés en termes d'ultimatum n'ont donné qu'à se rendre à l'évidence qu'à l'impossible, nul n'est tenu.

Au propre comme au figuré, il devient inimaginable d'espérer encore que ces églises-là, alors qu'elles s'arc-boutent et s'entraccusent, puissent retrouver l'embellie d'antan. Elles sont descendues tellement bas que, visiblement, elles ont perdu leur place au milieu du village. Plus rien n'offre, cependant, aux moindres esprits, même les plus insipides, ou les plus stipendiés, le minimum de toupet pour dégager un consensus autour d'une seule candidature sur le nouveau Président de la CENI, après d'âpres négociations chez les hommes brandissant la bible, le coran ou d'autres livres sacrés et illuminés.

Faut-il alors retourner vers les impies, les païens ou alors, les politiques souffrant, pourtant, d'apostasie en raison de leur goût effréné pour des intérêts égoïstes et immédiats ? Au fait, où les congolais trouveront-ils le bout du tunnel pour avoir des élections crédibles, transparentes et démocratiques à l'horizon 2023 ? Mais, finalement, quelle est la cuisse du Jupiter qui engendra l'iconoclaste tant recherché à la tête de la CENI ? Derrière ce temps qui passe, il y a trop d'altostratus... ou de nuées...

Pour preuve, tout récemment encore, la Commission paritaire de l'Assemblée qui avait en charge la gestion de ce dossier, avait clos ses travaux et transmis, semble-t-il, ses conclusions au Bureau de l'Assemblée nationale. Et, pendant ce temps, les deux églises catholiques et protestantes, deux donc sur les six, avaient entrepris la démarche consistant à rencontrer le Président de la République, pour l'amener à s'immiscer dans la procédure portant désignation des membres du Bureau de la nouvelle CENI alors qu'il n'en est même pas encore formellement saisi, ni sollicité pour la signature de l'Ordonnance d'investiture.

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a dit, lui-même, lors d'une interview qu'il a accordée, il y a quelques jours, à la Voix d'Amérique, qu'il avait carrément recommandé aux Princes d'églises de s'en remettre à la compétence de l'Assemblée nationale. Voilà ce qui a déterminé Christophe Mboso à renvoyer, à son tour, la balle dans le camp des confessions religieuses, tout en sachant pertinemment bien que les six églises, pourtant accusées d'être corrompues, n'accepteraient nullement de se dédire, ni de s'absoudre dans une nouvelle navigation à vue devant les deux autres églises aux positions irréductibles et dont la tête de Denis Kadima Kazadi, comme du temps de Jean-Baptiste, ne serait bonne qu'à être coupée.

Lundi 4 octobre, la tentative, pour les confessions religieuses, de se retrouver autour de Marcel Utembi, n'aura finalement que confirmer l'hypothèse d'une nouvelle plongée dans les jeux d'entourloupette aux conséquences multiples. Et, pourtant, que dit la loi ? Qui sont ceux qui sont les mieux qualifiés pour statuer sur ce dossier, après qu'une impasse ait été constatée au niveau des confessions religieuses ? C'est la commission paritaire, c'est le Bureau et c'est la plénière de l'Assemblée nationale.

Et, puis, en définitive, c'est le Président de la République. Or, tous ces organes sont là, pour trancher au mieux des intérêts de tous, avant de transmettre le dossier, pour compétence et en dernier ressort, au Président de la République. Autrefois, Félix Tshisekedi, le même, n'avait-il pas renvoyé le dossier de Ronsard Malonda ? Ceci n'est-il suffisant pour penser qu'il puisse rééditer le même exploit, cette fois-ci ? Rien n'est moins sûr, même si, par ailleurs, le contexte a littéralement évolué. Et les appétits aussi. Doit-il pour autant sacrifier paix durable sur l'autel des débats intentionnellement et, même, cyniquement, clivés ?

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