Centrafrique: Un expert de l'ONU dénonce les assauts des rebelles de la CPC

7 Octobre 2021

Un Expert indépendant des Nations Unies a condamné avec fermeté les agissements de certains groupes armés en République centrafricaine (RCA), notamment ceux de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).

« Je condamne avec fermeté la CPC et les autres groupes armés qui continuent de semer insécurité et désolation au sein de la population et les appelle à déposer immédiatement les armes », a fustigé l'Expert indépendant sur la situation des droits de l'homme en RCA, Yao Agbetse.

La CPC, formée par certains groupes armés quelques jours avant la tenue des élections présidentielles et législatives du 27 décembre 2020, s'est illustrée par « ses activités belliqueuses ». Selon l'Expert indépendant onusien, ces attaques contre les populations civiles, les autorités locales, les agents de l'autorité sous-préfectorale des élections, ont déstabilisé le processus électoral.

La CPC a également ciblé les convois civils, humanitaires et commerciaux en provenance du Cameroun, nuisant aux activités économiques du pays. Cette coalition de groupes rebelles a ainsi empêché la distribution normale du matériel électoral, empêché les candidats de battre campagne et empêché les électeurs de faire leur choix démocratique.

Des informations faisant état aussi d'abus des FACA et des instructeurs russes

Ce qui obligé les autorités à organiser des élections législatives partielles et résiduelles le 14 mars, le 23 mai et le 25 juillet 2021 dans les zones touchées par les attaques de la CPC.

« Appuyés par les instructeurs russes et les forces rwandaises, les Forces armées centrafricaines (FACA) ont repoussée les attaques de la CPC et libéré plusieurs localités, notamment celles de Bouar, Kaga Bandoro, Bambari, Bangassou, Nzacko, Bakouma, Grimari, Koui, Bocaranga, Yaloké, Bossemptele, Boda, Bossembélé et Ndélé », a ajouté l'Expert devant le Conseil des droits de l'homme.

A ce sujet, l'Expert indépendant a indiqué avoir reçu plusieurs informations faisant état de violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire par la CPC, les FACA et les instructeurs russes. Une clarification juridique du statut de ces instructeurs russes, et des obligations qui en découlent au regard du droit international, devrait être établie, a recommandé M. Agbetse.

Les contours du dialogue républicain

Sur un autre plan, l'Expert indépendant a salué le dialogue républicain en gestation et les deux décrets des 30 juin et 16 juillet 2021 relatifs à son organisation. « Dans le contexte centrafricain, le dialogue s'impose comme un impératif », a-t-il fait valoir.

Pour M. Agbetse, ce processus doit être effectif et inclusif. « Le dialogue doit servir de levier pour la relance de l'APPR RCA, la préparation des futures élections locales et la restauration d'un climat favorable au consensus politique sur les problématiques de la justice transitionnelle, de la réconciliation et de la reconstruction du pays », a-t-il insisté.

La RCA veut la poursuite des opérations conjointes avec la Mission de l'ONU

Du côté des autorités centrafricaines, le Garde des sceaux s'est appesanti sur les exactions des groupes rebelles. Le Ministre d'État chargé de la justice, de la promotion des droits humains et de la bonne gouvernance, Arnaud Djoubaye Abazene, a ainsi souligné que la CPC continuait de commettre de graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

Bangui exhorte donc la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à poursuivre les opérations conjointes et à faire usage de son mandat de protéger la population.

Somme toute, a assuré M. Djoubaye Abazene, la situation des droits de l'homme en République centrafricaine connaît une évolution très significative du point de vue du rétablissement de l'autorité de l'État sur l'ensemble du pays.

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