Cameroun: « Plusieurs administrations interviennent »

interview

Rod-Charly Nwatchok, sous-directeur du règlement du budget de l'Etat et des comptes au Minfi.

A trois mois du basculement vers la comptabilité patrimoniale, où en est-on avec la mise en œuvre de cette réforme ?

Nous avons commencé par identifier les textes qui devaient être transposés en droit juridique interne, notamment les directives de la Cemac. Tous ces textes ont été transposés sous forme de lois et de décrets. Nous avons entamé les travaux visant à la déclinaison normative des textes notamment l'instruction sur la comptabilité générale que vont utiliser les comptable. S'agissant des items qui avaient été identifiés dans la réforme de la comptabilité notamment le recensement du patrimoine, nous avons entamé les travaux par bloc tels que les actifs financiers de l'Etat.

Nous sommes aujourd'hui en mesure de présenter les participations des grandes entreprises publiques, les passifs financiers, la dette et les avals, cautions et garanties. Nous sommes dans une démarche progressive qui tient compte des enjeux financiers, stratégiques et l'achat symbolique en se disant que nous ne pouvons pas recenser tous les bâtiments de l'Etat dès 2022. Nous avons donc élaboré un plan quinquennal de recensement et d'évaluation des immobilisations corporelles de l'Etat qui va aboutir en 2025 à une certification globale des comptes de l'Etat.

Il y avait des obstacles au niveau des systèmes informatiques. Ont-ils été levés ?

Une réforme de la comptabilité doit obligatoirement s'accompagner d'un bon système d'informations et il y a plusieurs administrations qui interviennent dans le champ de l'exécution du budget de l'Etat : les impôts, la douane, le trésor. Et dans le cadre de la comptabilité en droits constatés, il faut faire figurer dans les comptes de l'Etat, les émissions, les liquidations et les recouvrements par la Direction générale des impôts et la Direction générale des Douanes. Les prises en charge, les paiements des restes à payer et la dette pour tous les incidents avec la Caisse autonome d'amortissement.

Il ne faut pas attendre l'information qui vient en mode dégradé mais permettre au système de capter l'information dès la liquidation, par exemple pour une recette ou pour une dépense. C'est un chantier énorme, qui va prendre beaucoup de temps. Le ministre des Finances a saisi son collègue des Marchés publics pour une contractualisation en gré à gré pour que ça aille plus rapidement. Nous espérons que d'ici l'année prochaine, ces travaux vont débuter. Mais déjà il y a des passerelles mises en place, notamment une table de passage entre le budget et le trésor pour pouvoir communiquer et présenter par exemple le budget 2022 sous le nouveau format de la comptabilité patrimoniale.

L'échéance de janvier sera-t-elle finalement respectée ?

En janvier 2022, la bascule sera effective mais elle se fera par blocs. Nous aurons déjà intégré dans les comptes de l'Etat, les actifs et les passifs financiers. Depuis 2019, nous avons commencé à fiabiliser les comptes du Trésor, notamment les restes à recouvrer et, les dettes fournisseurs. C'est cela la comptabilité patrimoniale, savoir exactement ce que je dois et ce qu'on me doit. Une réforme est longue. Elle doit mobiliser beaucoup de moyens financiers, matériels et humains. Toute réforme prend un certain temps.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X