Ile Maurice: Rentrée des classes - Les préparatifs s'accélèrent pour le retour en présentiel

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«J'ai un peu peur à cause du Covid-19... On ne sait qui a pu être contaminé. Il faut toujours garder la distanciation physique avec les amies. J'ai aussi un peu hâte de revenir à l'école car cela me donnera plus de temps pour faire mes devoirs», confie Shelby, 13 ans. À quelques jours de la rentrée scolaire en présentiel, prévue lundi prochain, cette étudiante en Grade 8 affirme que ce deuxième semestre sera comme le précédent, sauf «qu'on a rajouté un jour au calendrier scolaire». En guise de préparatifs, elle s'arme de plusieurs masques et de son flacon de sanitizer dans son sac.

Idem pour Alexandre L'Eveillé, 15 ans, élève de Grade 10, qui rajoute ces dispositifs dans son cartable. Comme son matériel scolaire est déjà prêt, il est impatient de recommencer ses classes. «Je ne crains pas les risques du Covid-19 comme les élèves gardent bien leurs distances. La nouvelle modalité de la rentrée ne m'affectera pas trop comme nous avions déjà des classes en présentiel avec les autres enfants précédemment», explique-t-il. Quant à Vandana, élève en Grade 11, elle émet des réserves, surtout à cause de la vaccination qu'elle n'a pas effectuée jusqu'à maintenant. «Je ne sais pas trop si j'irai à l'école les premiers jours. La progression des cas positifs m'inquiète», avoue-t-elle.

Si les élèves semblent très enthousiastes, indique Lindsay Thomas, recteur du collège St-Esprit de Rivière-Noire, enseignants et responsables scolaires s'interrogent sur la mise en pratique des cours en présentiel. «Il y a des chamboulements au niveau de l'emploi du temps. Celui préparé précédemment est caduc comme le ministère instaure une rentrée en présentiel en staggered mode», précise-t-il.

Côté préparatifs, on consolide les gestes barrières, en particulier l'évitement des attroupements. «Il est grand temps que l'on recommence à tourner à plein régime. On est plus exigeant envers le personnel d'entretien car le risque est réel surtout avec l'apparition des variants», insiste Lindsay Thomas. Parallèlement, des appréhensions subsistent en milieu scolaire. Kreepalloo Sunghoon, Education Facilitator en Grade 9, s'interroge sur le deloading du cursus des élèves du Primary School Achievement Certificate (PSAC), du National Certificate of Education (NCE) et du School Certificate (SC), entre autres. «Un allègement du programme avec le retrait de certains chapitres a été annoncé mais nous n'avons rien vu jusqu'à présent. On ne sait s'il faut reprendre le cursus d'avant ou pas», indique-t-il.

Pour sa part, Sooryadanand Meetooa, président de l'Education Officers' Union, s'inquiète du retard dans la réélaboration de l'emploi du temps et l'absence de consultations. Autre préoccupation : les élèves de Grade 9, de retour en classe quatre fois par semaine, ne sont pas encore vaccinés. De plus, ceux des grades supérieurs seront au nombre complet (soit une trentaine et plus) dès le 18 octobre. «On espère qu'il n'y aura pas de problème», précise-t-il. Par contre, des difficultés risquent de se poser avec la nouvelle modalité de rentrée pour les supply teachers appelés à travailler dans plusieurs écoles simultanément.

La crainte majeure, soutient Riad Hallemuth, recteur du collège St. Helena, relève de la compression des classes sur quatre jours au lieu de cinq. Diverses activités doivent être supprimées pour accommoder les autres matières. «On a du pain sur la planche pour retravailler tout le time-table avant ce jeudi. C'est vital pour que les enseignants puissent préparer la rentrée. On est de tout coeur avec les étudiants pour mettre en place la stratégie de reprise de l'État», déclare-t-il.

Quid du rattrapage du retard scolaire ? Le retour en présentiel accélèrera-t-il l'apprentissage ? «Pour les Grades 10 et 11, l'enseignement de l'anglais et des mathématiques sera étalé sur cinq périodes, contrairement à d'autres matières, qui n'en auront quatre. Ceci peut engendrer des retards additionnels», observe Sooryadanand Meetooa. Pour Riad Hallemuth, il faudra faire le maximum pour contrer cela. «On prend l'engagement avec les étudiants de tout faire pour eux, quitte à effectuer des classes additionnelles par Zoom ou WhatsApp», affirme-t-il. Optimiste, Lindsay Thomas, soutient que le retour en présentiel pourrait être bénéfique au rattrapage et à l'accélération de l'apprentissage.

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