Cameroun: Prise en charge des malades mentaux - 88 patients traités à domicile

Le volet retrait des personnes errantes des rues de Yaoundé est annoncé pour les prochaines semaines.

Ils sont 88 à Yaoundé à bénéficier d'un traitement depuis le 7 août dernier. Grâce à la campagne de prise en charge communautaire lancée le 5 mai 2021 par la Communauté urbaine de Yaoundé, en partenariat avec le ministère de la Santé publique, plusieurs malades mentaux reçoivent gratuitement des médicaments à domicile.

Pour ce faire, une centaine de psychiatres, infirmiers spécialisés en santé mentale, psychologues et agents communautaires sillonnent les sept arrondissements de la capitale. « Cette prise en charge est effectuée par des bénévoles. Ces professionnels de la santé mentale ont choisi de venir en aide à leurs frères et sœurs dans la rue », explique le Dr Laure Mengueme, sous-directeur de la santé mentale au Minsanté.

Cette prise en charge communautaire est le fruit de plusieurs séances de sensibilisation à travers les artères de la ville depuis le 5 mai 2021. Les équipes mobiles se sont déportées dans les églises, marchés, carrefours et quartiers pour amener les uns et les autres à cerner la différence entre santé mentale, maladie mentale et troubles psychiatriques. Ceci, afin de démystifier le mythe du « fou ».

C'est à la suite de cette campagne que plusieurs familles se sont signalées à partir du 1511, un numéro vert dédié à l'assistance psychologique nationale des personnes à besoins spéciaux. La phase de sensibilisation laisse ainsi place à la prise en charge communautaire des malades enchaînés ou errants, associée à un traitement injectable d'environ 56 jours et d'un relai par voie orale. « C'est à ce niveau que nous invitons les familles à veiller à la prise régulière des médicaments », déclare le Dr Laure Mengueme.

Le troisième volet de cette campagne qui est celui du retrait des malades mentaux de la rue est annoncé pour les semaines à venir. Les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé sont actuellement en train de finaliser les travaux de réhabilitation des bâtiments du service de santé mentale de l'Hôpital Jamot, d'après le sous-directeur de la santé mentale au Minsanté. Néanmoins, face à un service qui ne peut accueillir plus de 100 malades, Dr Laure Mengueme plaide pour la création d'un site supplémentaire pour une prise en charge massive des patients.

« Nous comptons environ 250 malades mentaux dans les rues de la capitale et les bâtiments du service de santé mentale de l'Hôpital Jamot ne peuvent accueillir plus de 100 patients. Dès lors, nous appelons les populations, les décideurs, la société civile et toutes autres administrations à nous aider à trouver en urgence un autre emplacement », sollicite le sous-directeur de la santé mentale au Minsanté. Plaidoyer qui présente également les difficultés de nutrition des malades une fois internés, les vêtements, le ravitaillement en médicaments et le matériel de travail pour les équipes mobiles.

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