Sénégal: Conséquences socio-économiques de la Covid-19 - La situation des mariages d'enfants aggravée au pays

12 Octobre 2021

D'après une étude, la crise sanitaire liée à la Covid-19 et les conséquences socio-économiques qui en ont résulté ont joué un rôle considérable dans la poursuite des mariages d'enfants.

La Covid-19 n'épargne aucun secteur. Selon une étude de la Coalition nationale des organisations de la société civile pour l'abandon du mariage des enfants au Sénégal, « l'impact socio-économique de la pandémie de Covid-19 rend les filles encore plus vulnérables ».

D'après le document, « la fragilisation socio-économique des ménages, associée à la longue fermeture des écoles, a joué un rôle important dans la poursuite des mariages d'enfants, utilisés comme une stratégie pour faire face aux difficultés accentuées par la pandémie ».

Cette étude menée entre les mois de mai et de septembre 2021 a été faite auprès de 324 ménages et 402 jeunes filles âgées de 12 à 17 ans à Kédougou, Kolda et Tambacounda, trois régions parmi les plus désavantagées du pays sur le plan socio-économique et où le phénomène des mariages d'enfants est le plus répandu. Et les conclusions suffisent à mesurer la gravité de la situation. D'après la source, les filles interviewées ne cautionnent pas les mariages d'enfants, six adolescentes sur 10 enquêtées considèrent qu'une fille ne doit être mariée qu'à partir de 18 ans.

« Parmi les jeunes filles non mariées, une proportion de 22,7% pense qu'elles risquent d'être données en mariage avant l'âge de 18 ans. Les cinq principales raisons évoquées par les jeunes filles pour justifier leur mariage sont : éviter les grossesses hors mariage (58,7%), respecter les préceptes de la religion (55,6%), honorer le rang social de la famille (42,9%), perpétuer la lignée familiale (41,3%) et réduire les charges de leurs familles (36,5%) », détaille l'étude.

Par ailleurs, l'étude révèle que la fermeture des écoles a été jugée traumatisante pour de nombreuses jeunes filles enquêtées (66,4%), surtout que l'école représente aussi pour elles le seul cadre d'échange et de partage d'expériences entre camarades. Ainsi, 10% des filles interrogées ont été retirées de l'école lors de la fermeture de celle-ci. Ce taux de retrait est plus élevé dans la région de Kolda où il atteint 16,5%, précise le document.

Autant de facteurs qui poussent les auteurs de l'étude à appeler l'état à veiller à l'application stricte d'un cadre législatif adéquat pour lutter contre les mariages d'enfants mais aussi à adopter une approche intégrée multisectorielle. Cela contribuera à mettre fin aux mariages d'enfants à travers l'élaboration d'un plan national d'action prévoyant des mesures concrètes, permettant la coordination des différents acteurs intervenant sur la question et bénéficiant d'un budget adéquat.

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