Mali: La CMA et la Plateforme s'insurgent contre le colonel major Ismaël Wagué

12 Octobre 2021

Les deux groupes armés accusent le ministre de la Réconciliation de se faire manipuler par des narcotrafiquants. Ils exigent son remplacement. Interview.

Au Mali, plus rien ne va entre l'alliance formée par la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et la Plateforme, et le ministre de la Réconciliation nationale.

Les deux groupes armés signataires de l'Accord de paix d'Alger accusent le colonel major Ismaël Wagué d'être manipulé par des trafiquants qui n'ont aucun intérêt à la mise en oeuvre de l'accord de paix. La semaine dernière déjà, ces mêmes groupes ont annoncé leur retrait des discussions avec le gouvernement de Bamako. Ils exigent un autre interlocuteur et menacent, sinon, de ne plus rencontrer le ministre Wagué, pourtant un poids lourd de la junte au pouvoir.

"Au sein du cadre stratégique permanent qui regroupe la CMAet la Plateforme, nous avons décidé, après maintes réflexions de suspendre notre participation au cadre inter-malien et de travailler avec le ministre Wagué", confirme Fahad Ag Al Mahmoud, président de la Plateforme, secrétaire général de Gatia et vice-président du Cadre stratégique permanent (CSP).

Plusieurs griefs exposés

Les groupes armés estiment que le colonel major Wagué n'a pas les compétences pour exercer les fonctions de ministre de la Réconciliation, chargé de l'Accord d'Alger. "Le ministre Wagué, qui n'a jamais exercé de fonctions politiques, n'a pas les qualités requises pour occuper cette fonction et en plus, il est à la solde de certaines personnes de moralité douteuse qui l'instrumentalisent contre la mise en oeuvre de l'accord. Il y a parmi eux des narcotrafiquants et toutes sortes de personnes", affirme Fahad Ag Al Mahmoud.

Le ministre se voit aussi reprocher d'avoir demandé "unilatéralement" à la communauté internationale de ne plus recevoir les délégations des groupes armés. "C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", réagit le président de la Plateforme.

"Cela veut dire qu'il ne nous considère plus comme des parties. Il se considère comme l'unique partie qui doit parler avec tout le monde", s'indigne par ailleurs ce chef de groupe armé.

Une telle demande de la part du colonel major Wagué n'a pu être confirmée par ailleurs.

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