Cameroun: Cancer du sein - L'hôpital gynéco en soins palliatifs

L'approche a été explorée à l'occasion des journées de dépistage la semaine dernière à Douala.

« Soins palliatifs en oncologie, quel regard sur nos patients ? ». C'est le thème de la rencontre scientifique à l'Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala (Hgoped) à Yassa, à l'occasion des journées de dépistage et de consultation du cancer du sein organisées les 6 et 7 octobre 2021 par la formation sanitaire de première catégorie, dans le cadre d'Octobre Rose.

Un thème suscité par le contexte, comme l'explique le Dr Anne Sango, oncologue médicale à l'Hgoped : « Au Cameroun et en Afrique, la plupart des patients viennent tard, à un stade avancé de la maladie et les traitements qu'on leur propose sont des traitements palliatifs. Ainsi, 80% de nos patients sont en soins palliatifs. Ce sont des soins pour améliorer la qualité de vie du patient et son confort. »

Des traitements palliatifs donc pour accompagner les patients, « parce qu'on ne peut pas toujours les guérir », précision du Pr Emile Mboudou, directeur général de l'hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala. Un accompagnement effectué par une équipe multidisciplinaire couvrant les aspects sociaux, psychologiques, médicaux, spirituels, etc. Parlant des aspects sociaux, le Dr Esther Dina Bell, oncologue médicale invitée pour la rencontre, dans sa présentation sur « la prise en charge de la douleur en médecine palliative », a insisté sur la nécessité de tenir compte de la composante socio-familiale des patients et de voir comment adresser leurs problèmes. Elle a ainsi présenté le cas d'une patiente de 33 ans atteinte du cancer du sein. Pompiste et sans moyens, elle n'a pas pu suivre le traitement de chimiothérapie, même si l'équipe médicale a essayé d'adapter les soins. Elle finira par décéder.

Ce cas, qui se répète malheureusement, a amené le Pr Servais Eloumou, gastro-entérologue et chef du service de médecine interne à l'Hgoped, qui abrite l'unité d'oncologie, à lancer un appel aux jeunes femmes, qui « ne sont pas « épargnées par le cancer du sein », à venir se faire dépister. Occasion également de rappeler que les hommes aussi sont touchés par ce mal qui se développe à partir des cellules de la glande mammaire.

En plus de l'accent mis sur les soins palliatifs, le Pr Emile Mboudou est revenu sur les efforts des pouvoirs publics : « Le gouvernement travaille pour la mise à disposition des médicaments contre le cancer aux populations. Donc nous avons les anti-cancéreux qui sont subventionnés. Et la pharmacie de l'hôpital gynéco-obstétrique, en collaboration avec le Comité national de lutte contre le cancer, est en train de mettre en place un système où nous aurons des dépôts d'anti-cancéreux à faible coût. »

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X