Congo-Kinshasa: En raison de ses positions tranchantes contre les massacres - Nord-Kivu - Le chanteur révolutionnaire Delcat Idenco arrêté

Dimanche 10 octobre 2021, les services d'intelligence ont mis la main sur l'artiste Delcat Idenco, connu pour ses sorties musicales très acerbes à l'égard du pouvoir en place "face à son incapacité de restaurer la paix dans l'Est".

D'ailleurs, les autorités l'accusent d'avoir propagé des messages de révolte contre l'armée et la police et annonce des audiences en flagrance.

«Le secteur opérationnel Sokola 1 confirme l'interpellation du musicien Idengo, auteur de plusieurs messages audiovisuels appelant la population de Beni à s'attaquer aux militaires, aux policiers et leurs familles à partir du 15 octobre prochain. Une audience en flagrance sera organisée», a annoncé dimanche dernier, à travers un communiqué de presse, le Capitaine Antony Mwalushayi, Porte-parole des opérations militaires Sokola 1.

Depuis quelques jours, le musicien lançait déjà des appels à un soulèvement populaire à partir du vendredi 15 octobre prochain contre l'armée et la police qu'il juge être aux ordres des politiciens, plutôt qu'aux côtés du peuple. Dans nombreux de ses albums, il s'en prend très ouvertement à Félix Tshisekedi, aux autorités militaires, aux hommes politiques, etc.

«Nous avons beaucoup marché, nous avons beaucoup crié, nous avons beaucoup souffert, nous avons beaucoup pleuré, nous fuyons tous les jours. Ce n'est pas normal. Nous sommes massacrés tous les jours. Ce n'est pas normal. « Tuer », nous allons tuer tous les soldats. Après, nous allons former notre armée de la liberté, l'armée indépendante. Nos soldats, ils seront là pour le peuple, pas pour les politiciens ni pour les Blancs», a-t-il chanté quelques jours avant son arrestation.

Mais, à la suite de cette nouvelle arrestation du chanteur, des manifestations sporadiques de ses partisans réclamant son relâchement ont été vécues dans les villes voisines de Beni et Butembo.

«Alors que la population de Beni attend les audiences en flagrance contre les ADF, les autorités militaires préfèrent arrêter un orphelin très traumatisé qui a vu beaucoup de membres de sa famille égorgés par les ADF. Une justice aux ordres des politiques dans le but de faire taire tout le monde. Un régime aux abois», a réagit le député provincial Alain Siwako, avant que Jean-Paul Ngahangondi, un autre élu provincial de Beni ne renchérisse : «Qui ignore que Idengo est un orphelin victime des carnages de ses parents et autres membres de sa famille par les ADF dans la région de Beni ? Il serait en réalité pris en charge psychologiquement».

Dans l'Est du pays, l'espoir de revivre la paix se dissipe de plus en plus. Ni l'avènement de Félix Tshisekedi, ni même l'instauration de l'Etat de siège n'ont su améliorer la situation sécuritaire. Contre chaque nouveau massacre, les civils développent l'idée d'une auto-prise en charge populaire.

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