Afrique Centrale: Le retrait des Casques bleus gabonais au menu de la rencontre Bongo et Touadéra

Le chef de l'Etat centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a échangé, le 13 octobre à Libreville, avec son homologue gabonais, Ali Bongo, sur le retrait des Casques bleus gabonais de la République centrafricaine (RCA) par l'ONU.

« Le renforcement de la coopération bilatérale et multisectorielle entre Libreville et Bangui, les questions sécuritaires au sein de l'espace sous-régional et le retrait par l'ONU des troupes gabonaises ont été les principaux points abordés », a annoncé la présidence gabonaise.

Le 15 septembre dernier, l'ONU a ordonné le retrait de quatre cent cinquante Casques bleus gabonais de sa force de maintien de la paix en Centrafrique après des accusations d'exploitation et d'abus sexuels sur lesquels le gouvernement gabonais et les Nations unies ont annoncé l'ouverture d'une enquête.

Sur les allégations d'abus sexuels à l'origine du retrait du contingent gabonais, le président Touadéra a déclaré, dans un communiqué, que « son pays n'avait pas été associé à cette décision et que son gouvernement n'était pas informé sur les éléments qui sous-tendent cette éviction des Casques bleus gabonais de la RCA ».

« Comme ce sont des faits qui se sont produits en République centrafricaine, nous avons demandé à ce que nous soyons dorénavant impliqués dans les enquêtes qui sont en cours que cela soit du côté des Nations unies ou du côté gabonais pour en savoir un peu plus. Mais, nous n'étions pas associés dans les faits, les vérifications », a souligné le président Touadéra lors de son point de presse dans la capitale gabonaise.

« Du côté de la République centrafricaine, nos institutions n'ont pas vraiment eu les éléments d'appréciation ni une plainte de la part des victimes. C'est pour cela que nous devons poursuivre les investigations puisque c'est quand même des Centrafricains et nous sommes en droit d'en savoir plus afin d'avoir les éléments pour apprécier », a ajouté le président centrafricain.

Faustin-Archange Touadéra a également affirmé à Libreville que la justice de son pays n'avait reçu aucune plainte visant des Casques bleus gabonais, accusés par l'ONU d'exploitation et d'abus sexuels sur cinq filles. Les accusations d'agressions sexuelles « ne sont aujourd'hui pas fondées », avait déclaré, le 7 octobre courant, Jessye Ella Ekogha, porte-parole de la présidence gabonaise.

« Depuis 2015, ce sont trente-deux allégations d'exploitation et d'abus sexuels que nous avons enregistrées concernant 81 présumés auteurs de la République du Gabon, tous militaires des contingents actuellement ou anciennement déployés au sein de la Minusca. Six de ces allégations ont été étayées par une enquête », avait précisé, pour sa part, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

En Centrafrique, la Minusca a été déployée par l'ONU en avril 2014 pour tenter de mettre fin à la guerre civile qui a suivi un coup d'Etat l'année précédente contre François Bozizé.

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