Mali: Lutte contre la corruption - L'OCLEI à la manœuvre

L'Office a déjà transmis à la justice des dossiers d'enrichissement illicite dont le montant s'élève à plus de 4 milliards de Fcfa. Le chef de l'État l'a félicité et encouragé à persévérer sur cette voie

Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu hier au palais de Koulouba, les rapports annuels 2019 et 2020 et celui relatif à l'étude sur la déontologie des agents dans l'administration publique malienne, de l'Office central de lutte contre l'enrichissement illicite (Oclei). C'est dans une ambiance courtoise que s'est déroulée la cérémonie de remise de ces rapports de l'Oclei, en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et de plusieurs membres du gouvernement

Le président de l'Oclei, Moumouni Guindo, a fait une brève présentation des rapports avant de les remettre officiellement au président de la Transition. «C'est une cérémonie très significative pour le chef de l'État. Depuis son arrivée à la tête du pays, il a fait de la lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite l'une de ses préoccupations majeures», a commenté le patron de l'Oclei.

Dans la présentation du rapport 2019, on note que l'Oclei a mené 11 activités d'informations et de sensibilisation à travers le pays, dans le cadre de ses missions de prévention. Concernant les déclarations de biens, l'Office en a exploité 400.

Il a mis en place et animé un dispositif de gestion des déclarations de biens. Ainsi, il est arrivé au constat que le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement sont entrés en fonction sans avoir procédé à la déclaration de leurs biens. Certains ministres sont restés en fonction pendant plus d'une année sans s'acquitter de cette disposition de la loi. D'autres ont fait plus de trois ans sans effectuer leur déclaration de biens, souligne le rapport.

Dans le cadre de la répression de l'enrichissement illicite, la structure de contrôle a mis à la disposition du public un numéro vert (80 00 22 22) en décembre 2019. Elle a ouvert 32 dossiers d'enquête dont trois ont été transmis à la justice. La valeur des biens meubles et immeubles présumés illicites dans ces trois dossiers s'élève à 4,279 milliards de Fcfa, alors que le total des revenus légitimes des trois agents publics concernés est de 127,69 millions de Fcfa sur la même période. La valeur des biens représente plus de 33 fois le total des revenus légitimes.

GOUVERNANCE DE RUPTURE- Au titre des avis et recommandations, l'Oclei, sur auto-saisine et après examen, a constaté que la liquidation en 2015 des indemnités de départ à la retraite du directeur général adjoint et l'agent comptable de l'Institut national de prévoyance sociale (INPS) est contraire à la loi. En dehors de toute légalité, le directeur général adjoint a perçu 353,72 millions de Fcfa et l'agent comptable a perçu 1,70 milliard de Fcfa.

En 2020, la contribution de l'Oclei à la répression de l'enrichissement illicite porte sur la transmission à la justice de six dossiers d'enrichissement illicite présumé. Les biens sont évalués à 2,715 milliards de Fcfa, soit 37 maisons d'habitation et 178 parcelles dont 80 concessions rurales d'une superficie de 176 ha. Le montant total des entrées sur les comptes bancaires des six personnes, s'élève à 2,588 milliards de Fcfa entre 2014 et 2020. Sur la même période, leurs revenus légitimes sont estimés à 317 millions de Fcfa.

L'Office a adopté une méthode d'identification des déclarations de biens à investiguer. Cette démarche a permis d'identifier 48 personnes dont le patrimoine a subi des variations significatives. Des enquêtes sont ouvertes sur ces cas, a assuré Moumouni Guindo.

Le président Assimi Goïta s'est réjoui de constater tous les efforts accomplis par l'Oclei dans le cadre de la prévention de l'enrichissement illicite, la répression du phénomène, les déclarations des biens et la coopération avec d'autres structures tant au Mali qu'à l'extérieur. «La bonne gouvernance étant un pilier essentiel de l'action gouvernementale, vos actions revêtent une importance particulière, s'est-il adressé à l'équipe de l'Oclei. Ce qui mérite l'accompagnement de l'État à la structure anti-corruption pour l'atteinte des objectifs qui sont fixés », a-t-il souligné.

Le chef de l'État a déclaré, à cet effet, qu'il faut tout mettre en œuvre pour créer une gouvernance de rupture et d'exemplarité. Pour ce faire, aucun sacrifice ne sera de trop, a souligné le président de la Transition.

Ces rapports confortent les autorités de la Transition dans leur vision d'un Mali nouveau, un Mali où les citoyens ont accès à l'eau potable, à la santé, à l'éducation et aux autres services sociaux de base. «Bref, nous voulons d'un Mali en phase avec la satisfaction des besoins vitaux de sa population».

En ce qui concerne les difficultés d'opérationnalisation de l'Oclei, le chef de l'État a rassuré Moumouni Guindo et tous les agents de l'Office que tout sera mis en œuvre pour obtenir la bonne collaboration avec les services publics, conformément aux textes en vigueur.

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