Congo-Kinshasa: CENI - Offre suspecte de Mgr Utembi

15 Octobre 2021

Marcel Utembi, président de la CENCO lors de la présentation officielle des agents de sensibilisation de la population sur l'accord politique du 31 décembre 2017par la CENCO à Kinshasa, le 23/06/2017. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Alors que la commission paritaire mixte venait de remettre son rapport au Bureau de l'Assemblée nationale qui l'avait instituées, après près de deux mois de recherche sans succès du consensus par les confessions religieuses autour des animateurs de la Ceni (Commission Électorale Nationale Indépendante) qui doivent provenir de la société civile, l'opinion est désagréablement surprise par la démarche atypique du président de la Conférence Électorale Nationale Indépendante (Ceni) !

Le président en exercice de la CENCO, Mgr Marcel Utembi se dit disposé à revenir à la table des négociations en vue de procéder à la désignation du président de la centrale électorale, prérogative réservée aux confessions religieuses. Alors que depuis près de deux mois, l'église catholique, appuyée par son alliée protestante, jouait aux prolongations, sans manifester le moindre souci de respecter le délai imparti aux confessions religieuses par l'Assemblée nationale pour s'acquitter de la tâche leur impartie, la vraie-fausse main tendue de Mgr Utembi a tout l'air d'une provocation.

A quel jeu se livre l'église catholique ? Pour qui roule-t-elle? Quelles cartes joue-t-elle? Ce sont des questions aussi pertinentes que troublantes que se pose l'opinion face à la position ambiguë et irrationnelle de l'église universelle.

A qui imputer le retard dans l'organisation des élections ?

Il est étonnant et surprenant de voir l'église catholique se livrer à de telles manœuvres dilatoires tendant à tirer en longueur le processus d'organisation des élections. Il y a déjà près de deux mois perdus pour la simple désignation du président de la CENCO, alors qu'elle ne cesse d'insister pour le respect du calendrier électoral tel que prescrit par la Constitution du 18 février 2006.

Au lieu que la CENCO dise aux Congolais pourquoi ne veut-elle pas s'incliner face au verdict du processus de désignation du président de la Ceni auquel elle a participé du début jusqu'à la fin, elle préfère distraire le peuple de Dieu, et ses fidèles en particulier.

On rappelle à ce sujet, dans le même esprit de distraire l'opinion, le porte-parole de la CENCO avait déclaré au mois de septembre passé que ses délégués aux pourparlers zn vue de désigner les animateurs de la Ceni, avaient subi des menaces des dignitaires en place pour laisser passer un candidat proche du régime. Invité à citer les noms et fonctions des personnes qui auraient exercé lesdites pressions - surtout après l'interview accordée par le Président de la République à la Voix de l'Amérique au cours de laquelle Félix Tshisekedi avait déclaré avoir mené l'enquête autour de lui pour connaître le nom et les fonctions de la personne qui aurait exercé des pressions sur les chefs des confessions religieuses - l'abbé Donatien Nshole n'a toujours pas apporté la preuve de ses allégations.

De la même manière, la CENCO n'à jamais dit aux Congolais les raisons de son refus, mieux volte-face, pour ne pas s'incliner face au choix opéré par la majorité des confessions religieuses dans la désignation du candidat devant remplacer Corneille Nangaa à la tête de la Ceni, alors que le processus auquel elle a participé du début jusqu'à la fin s'est déroulé normalement et de manière démocratique.

Face à ce comportement louche qui suscite des interrogations, de nombreux compatriotes cherchent à comprendre les raisons inavouées de l'attitude de la CENCO qui semble souffler le chaud et le froid à la fois! D'un côté, elle s'aligne au premier rang des organisations qui réclament l'organisation des élections dans le délai, et de l'autre côté, elle est première à tirer les choses en longueur, en bloquant par des manœuvres dilatoires, la désignation du candidat président de la Ceni !

C'est ici que certains chrétiens catholiques commencent à comprendre les raisons du manque d'alternance à la tête de la CENCO depuis le départ de Mgr Nicolas Djomo ; alors que le mandat est déterminé dans le temps. Les actuels dirigeants ont-ils un agenda caché qui fait qu'ils s'accrochent et refusent d'organiser la rotation ?

Nul ne pouvant tromper éternellement tout un peuple, on saura pour qui roule la CENCO. Dom

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