Afrique Australe: Mozambique - La SADC poursuit ses opérations offensives contre les djihadistes

La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), qui a envoyé en juillet-août dernier des soldats en soutien à l'armée mozambicaine pour chasser les insurgés du nord-est du pays, est déterminée à pacifier cette partie. L'aide militaire régionale y est prolongée jusqu'à ce que l'autorité de l'Etat revienne partout.

Pour le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, les seize pays membres de la communauté régionale doivent être solidaires à Maputo durant le conflit imposé par les terroristes. « Nous allons tenir la promesse que nous avons faite et aider notre frère le Mozambique », assure-t-il en rappel aux engagements d'un sommet de la SADC tenu en septembre à Pretoria, alors que ce soutien militaire devait prendre fin le 15 octobre.

La rencontre qui a connu la participation des chefs d'Etat botswanais, Eric Keabetswe Masisi ; namibien, Hage Geingob ; mozambicain, Filipe Niysi ; et sud-africain, avait pour but de poursuivre les combats contre les terroristes et les violences extrémistes « afin de consolider la stabilité et la sécurité », selon un communiqué.

Une récente offensive des forces de la SADC contre une base armée a abouti à la mort de dix-neuf djihadistes dont un chef local. Quant au conflit mené depuis un certain temps contre les groupes armés terroristes, il a été marqué par quelques succès dont la reprise début août de la ville Mocimboa da Praia, port stratégique, ainsi que des avancées dans la zone de Palma, tout proche des installations gazières pilotées par le groupe français Total.

Malgré cela, les autorités mozambicaines estiment que l'heure est maintenant au renforcement de l'action contre l'ennemi pour gagner la guerre. « Nous sommes en phase de consolidation », affirme Filipe Niysi, ajoutant que la force régionale et celle du Rwanda ne « fêtent pas encore le succès ». « Le Mozambique reste prudent et nous préparons le retour de déplacés mais c'est un processus », poursuit le chef de l'Etat, laissant entendre que ce n'est pas pour tout de suite.

La coopération militaire devrait impliquer la communauté internationale

« Tout indique que l'activité pourra reprendre dans cette zone. Des sociétés sont parties parce que c'était une zone de guerre. Mais nous pensons que Total, par exemple, a seulement quitté Palma pour des raisons de sécurité. Dès que la situation sera sous contrôle, ils reviendront », affirme Filipe Niysi.

Le président rwandais, Paul Kagame, qui a séjourné en septembre dernier à Maputo, se montre, pour sa part, confiant : « Avec les résultats présentés ces derniers temps, nous allons enfin vaincre le terrorisme. Je pense que nous avons besoin de plus de coopération et nous y travaillons ». Et évoquant la question du coût et de la durée de l'engagement rwandais au Mozambique, le dirigeant rwandais dont le pays n'est pas membre de la SADC, mais apporte son soutien militaire au Mozambique, a affirmé qu'« il serait encore plus coûteux de permettre à la situation dans ce pays de perdurer sans rien faire ».

« Ce serait dix fois plus coûteux que les opérations elles-mêmes, cela coûterait davantage de vies, plus d'argent perdu. Les succès des opérations militaires montrent ce que nous sommes capables de faire avec des ressources limitées », explique-t-il, soulignant que la coopération au Cabo Delgado devrait impliquer non seulement la sous-région d'Afrique australe, mais aussi « le reste du monde ».

Le conflit au Mozambique risque de coûter la vie à de nombreux enfants enrôlés par les djihadistes et dont les forces gouvernementales sont déjà parvenus à secourir certains. « J'aimerais pouvoir vous donner plus de détails sur les enfants sauvés, mais bien sûr, nous ne voulons pas mettre en danger les négociations en cours », indique sans autre détail un porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance à Genève, James Elder.

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