Madagascar: Commerce - Malaise à la sous-douane

C'est l'effervescence parmi les opérateurs touristiques. Ils trépignent d'impatience à quelques jours de la réouverture des frontières aériennes. Mais d'autres ne seront pas de la fête. Ils souffrent en silence.

Après des mois à faire le dos rond, ils décident de sortir de l'ombre. Ce sont les membres de l'Association Ravintsara, qui regroupe les gérants de cinq boutiques exerçant à la sous douane de l'aéroport international d'Ivato. Les changements opérés par le précédent régime dans la mise en concession des sites ont eu des impacts négatifs sur leurs activités. Car les nouveaux maîtres des lieux veulent les expulser. Après trente années de bons et loyaux services rendus à la nation.

« Nous avons reçu des menaces verbales à n'en plus finir, nous avons subi et enduré des brimades de toutes sortes, nous avons encaissé des pressions morales et physiques au quotidien. Notre situation devient intenable et insoutenable. Je dirais même qu'ils nous harcèlent pour que nous lâchions prise » soupire José Rakotonirina, président de l'Association Ravintsara.

Des grosses enseignes ont fini par abandonner la partie, mais les «Derniers des Mohicans », si l'on peut dire, font de la résistance. En fait, « ils tentent de se justifier en s'arrimant au concept de l'Autorisation d'occupation temporaire, AOT, clause léonine s'il en est, au regard de l'ancienneté de tout un chacun d'entre nous» confie Dominique Vibart, secrétaire de l'Association Ravintsara.

« Après plusieurs échanges de lettres et de mails avec eux, les commerçants regroupés sous la bannière de leur association Ravintsara, ont la ferme intention de refuser de quitter leurs emplacements du terminal A tant qu'ils n'auront pas été transférés dans la zone sous -douane du terminal B ou indemnisés de leur éviction depuis le début de leurs exploitations respectives, trente ans pour certains, vingt cinq pour d'autres » s'offusque-t-il. Ils envisagent de baisser les pavillons de leurs boutiques si aucun accord à l'amiable n'est trouvé. « Dans ces conditions, personne ne peut y entrer, sous peine d'une violation de domicile » prévient David Vibart.

Ces cas oubliés méritent d'être considérés par les ministères de tutelle. D'autant que ces commerçants ont toujours mis en avant des produits malgaches de qualité. Très prisés pour se souvenir du séjour dans la Grande île. Ils vont être supplantés par des halls qui vont écouler les grandes marques étrangères du cosmétique, des fragrances et autres futilités. Aucune signification pour les touristes étrangers rentrant chez eux. Alors qu'ici, les discussions entre les deux camps en conflit tournaient souvent autour du respect de « l'ethnicité du pays ». Un argumentaire biaisé et monté de toutes pièces.

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