Ile Maurice: Le dénommé Hussein Abdool Rahim enfin arrêté

Après de très longs mois, la police a finalement pu mettre la main sur Hussein Abdool Rahim. Il a été arrêté hier pour un viol commis sur une Française qui avait porté plainte en 2019. Le suspect devra donner sa version des faits ce matin aux Casernes centrales.

Hussein Abdool Rahim, dont les révélations soutenues par des documents ont fait tomber l'ancien Attorney General Ravi Yerrigadoo, faisait l'objet de plusieurs plaintes, mais restait libre de ses mouvements.

Parmi ces plaintes, celle d'une Française qui avait sollicité l'intervention des enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) en 2019 pour une affaire de viol, sextorsion et d'escroquerie. Et après avoir obtenu des informations sur l'adresse du principal concerné, la police a finalement pu mettre la main sur Hussein Abdool Rahim ier. Il a été placé en état d'arrestation pour viol. La police a objecté à sa remise en liberté en cour de district de Pamplemousses, soutenant que l'enquête est en cours et que le suspect pourrait manipuler les preuves ou ingérer avec les témoins. Du coup, il restera en détention et sa prochaine comparution est prévue pour mardi prochain.

L'enquêteur Ramdhony du CCID a demandé l'ordre de la magistrature pour que le suspect soit examiné par le médecin légiste étant donné que l'enquête relève d'une affaire de viol mais la défense a objecté à cette requête soutenant que son client ne souhaite pas s'adonner à ces procédures. Les débats autour de cette demande auront lieu vendredi le 22 octobre.

Selon nos recoupements, la police a eu du mal à retrouver Hussein Abdool Rahim depuis 2019. «Il a changé d'adresse et de numéro et il ne venait pas en cour pour son affaire d'escroquerie», confie un proche du dossier.

Le suspect qui a été conduit à Alcatraz devra revenir aux Casernes centrales ce matin pour donner sa version des faits en présence de son avocat. Il sera confronté à la déposition en écrit de la plaignante. Cette dernière devra, elle, revenir à Maurice pour un exercice de reconstitution des faits. «Elle devra physiquement indiquer où a eu lieu le présumé viol et elle sera confrontée à son bourreau pour une parade d'identification.»

Toute cette affaire, révélée par l'express, tourne autour de la visite d'une Française à Maurice qui était venue passer des vacances en novembre 2018.

Emmeline Gautheron fait la connaissance d'Hussein Abdool Rahim qui lui propose son aide. Elle apprécie ce petit geste et lui donne en toute confiance son numéro de téléphone et son compte Facebook. Une relation amoureuse démarre entre les deux, mais la jeune femme était loin de s'imaginer que cette idylle allait vite virer au cauchemar.

Selon les dires de la plaignante, elle a reçu un appel masqué de la part d'un dénommé Raj Vik lorsqu'elle séjournait dans un appartement à Péreybère où les deux vivaient sous le même toit. RajVik se serait mis à lui faire du chantage, menaçant même de tuer Hussein Abdool Rahim. Ce dernier lui aurait convaincu de ne pas porter plainte et qu'il allait gérer cette histoire.

Le 27 janvier 2019, la jeune femme allait se faire violer par Raj Vik dans son appartement. Elle reconnaîtra son agresseur pendant l'acte. «J'ai pu le reconnaître à son ventre épilé après y avoir posé furtivement ma main pour essayer de sentir ce signe distinctif.»

Rappel

En septembre 2017, Hussein Abdool Rahim, qui avait porté de graves allégations contre l'ex-Attorney General Ravi Yerrigadoo dans un affidavit, s'était rétracté tout en lui présentant ses excuses en direct sur une radio privée un après-midi du jeudi 21 septembre 2017. Il a également présenté ses excuses à Sylvio Sundanum.

Hussein Abdool Rahim avait allégué avoir été manipulé pour incriminer Ravi Yerrigadoo. Il a porté de graves allégations contre Nad Sivaramen, directeur des publications à La Sentinelle et les journalistes Axcel Chenney et Yasin Denmamode ainsi que le leader du Reform Party, Roshi Bhadain.

Pour rappel, l'affaire Bet365 qui porte sur des allégations de blanchiment d'argent avait contraint Ravi Yerrigadoo à démissionner de son poste d'Attorney General à la demande du Premier ministre Pravind Kumar Jugnauth.

C'est en larmes, la voix remplie d'émotion, que Ravi Yerrigadoo s'est exprimé au téléphone en direct sur les ondes de 'Radio Plus', après que Hussein Abdool Rahim avait retiré les allégations qu'il avait portées contre lui dans un affidavit dans l'affaire Bet365. Ravi Yerrigadoo avait alors déclaré pardonner Husein Abdool Rahim et pensait qu'il avait reprendre son poste au conseil des ministres...

Contre-attaque

Le 25 septembre 2017, les trois journalistes de l'express, Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode, sur la base des allégations du "self-confessed swindler", avaient été arrêtés puis "unarrested" et leurs domiciles perquisitionnés devant les caméras de la MBC et de la presse plurielle. L'affaire avait provoqué des débats passionnés sur le rôle de la presse et le journalisme d'investigation.

Les trois journalistes, preuves à l'appui, ont alors démontré comment Hussein Abdool Rahim mentait:

Aujourd'hui, l'affaire Yerrigadoogate n'est pas encore finie ! Cette fois, c'est au tour des trois journalistes qui ont révélé le scandale de contre-attaquer. Car ils ont subi des préjudices majeurs.

Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode poursuivent l'État, le commissaire de police, l'inspecteur Shiva Coothen (qui avait évoqué l'arrestation de Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode sur les ondes alors même qu'ils n'ont jamais été présentés devant une cour de justice), l'ACP Devanand Reekoye et Hussein Abdool Rahim.

Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode sont représentés par l'avocat Nuvin Proag et l'avoué Pravind Nathoo. Ils déplorent «l'arrestation» et les circonstances confuses entourant de leurs interpellations. Ils insistent aussi sur certains propos tenus par l'inspecteur Shiva Coothen publiquement le lundi 25 septembre 2017.

On y reviendra...

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X