Cameroun: Le désarroi des médecins diplômés et non intégrés

Les médecins, dentistes et pharmaciens de la promotion 2020 sont sans affectation depuis un an. Ils sont 550 professionnels de santé formés dans les facultés publiques de Yaoundé, Douala, Bamenda et Buea, mais qui, faute d'intégration, doivent se reconvertir, partir ou se tourner vers le secteur privé. Le Collectif des médecins non intégrés a adressé une lettre au président Paul Biya.

Un an après, son diplôme de chirurgien dentaire en poche, Richard Basananen est désespéré de ne pas pouvoir exercer : « Nous avons bossé dur pour sortir médecin. Avec les sacrifices que la famille a consentis pour que nous soyons à ce niveau-là et qu'en retour nous n'arrivons pas à rembourser, on ne peut que se sentir délaissé, se sentir vraiment abattu. »

Dans la même situation, Théophor Tchagou est devenu porte-parole du Collectif des Médecins Non intégrés du Cameroun : « On attend un an après (à la maison). On est au chômage. On attend que le chef de l'État puisse apporter une solution parce que ce problème ne nous concerne pas uniquement nous. Il y a aussi les promotions qui sont derrière nous ; on ne demande qu'à servir notre pays. »

« Le secteur privé ne peut pas absorber toutes ces promotions »

Leur promotion est la première à laquelle s'applique la réforme de la formation médicale : pas d'intégration automatique pour eux, mais pas d'information claire non plus sur leur futur.

Cette situation est déplorable pour le Dr Mabongo, président par intérim du Syndicat des médecins du Cameroun (Symec) : « Si l'assiette budgétaire du pays ne permet pas de prendre en charge tous ces médecins, il faut très rapidement réduire le nombre de médecins que l'on forme par an, parce qu'il faut être clair, le secteur privé ne peut pas absorber toutes ces promotions, il n'a pas les moyens de payer correctement tous ces médecins. »

Mais réduire le nombre de médecins formés par l'État ne permettra pas au Cameroun d'augmenter son ratio soignant/population. Actuellement, il est de 1 médecin pour 10 000 habitants, loin des recommandations de l'OMS pour un accès minimal à la santé.

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