Madagascar: Viviane rakotoarivony - « À travers mes photos, je tiens à briser les barrières et les préjugés »

Une photographe engagée, Viviane Rakotoarivony se découvre dans le cadre d'un projet artistique inédit initié au cœur de la capitale. Elle remet en question notre futur à travers l'exposition « Tomorrow » sur les murs du lycée J.J. Rabearivelo à Analakely.

Parlez-nous de l'origine de ce projet? C'est au cœur même du confinement total que l'on a enduré l'année dernière que l'idée de ce projet m'est venue. Il s'agissait surtout pour moi de mettre en avant le vécu et le quotidien de ces personnes qui, face à cette situation, ont de plus en plus de mal à subvenir à leurs besoins. Elles sont livrées à elles-mêmes, sans aide sociale. Au cœur de ces quartiers populaires de la capitale donc, je me suis lancée en quête de ces portraits qui représentent des gens qui galèrent, qui perdent espoir, mais qui espèrent toujours néanmoins un avenir meilleur pour leur descendance. Telle est l'histoire de ces portraits et l'origine de ce projet qu'est « Tomorrow » que j'expose désormais sur les murs du lycée J.J. Rabearivelo, comme pour remettre en question l'avenir de ces gens.

Pourquoi le choix de faire des portraits plus que des paysages ?

Les portraits sont plus expressifs, car rien que le regard en soi exprime déjà beaucoup de choses, d'émotions et raconte une histoire unique. Pour moi, chaque photo retranscrit ainsi un dialogue entre moi et mon sujet, juste à travers son regard. Quand je prends des portraits, je me focalise toujours sur les yeux. Souvent, j'y perçois une lueur, car les yeux sont bavards. Parfois le regard est fuyant comme si la personne émettait des réserves à cause d'un lourd passé, par peur d'être jugée peut-être ? Je pousse alors la personne à se dévoiler sans la forcer, car son histoire mérite d'être racontée.

Qu'en est-il donc de ce « Tomorrow » pour ces personnes ?

Au-delà de ce projet, j'espère les aider pour la scolarisation des plus jeunes dans ces quartiers défavorisés. Mais aussi aller en province pour voir aussi les difficultés que l'on y rencontre depuis le confinement. Je tente de briser les barrières et les préjugés à travers la photographie. Ayant vécu à différents endroits autour de Madagascar, côtoyant différentes personnes, j'ai pu constater qu'au fond nous avons beaucoup de points communs. Nous sommes tous des êtres humains et nous ressentons l'angoisse quand notre futur est incertain. Nous avons tous envie d'une meilleure condition de vie pour nos enfants. C'est là le message d'espoir que je véhicule.

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