Nigeria: Un an après le massacre de Lagos, des manifestations pour rendre hommage

Des manifestations non autorisées ont lieu ce mercredi 20 octobre dans plusieurs villes du Nigeria, pour commémorer la tuerie du péage de Lekki. L'armée nigériane avait ouvert le feu sur un rassemblement pacifique à Lagos, causant la mort d'au moins 10 personnes et mettant un terme au mouvement #EndSARS contre les violences policières. Selon Amnesty International, ce sont au moins 56 personnes qui ont perdu la vie dans la répression brutale de ce mouvement de protestation inédit au Nigeria.

« Justice pour nos héros morts », hurle cet homme le poing levé, un drapeau nigérian accroché aux flancs de sa voiture. Par mesure de sécurité, beaucoup de manifestants sont venus commémorer le massacre de Lekki à bord de leurs véhicules, traversant le péage en klaxonnant. L'artiste Falz est l'un des organisateurs de cette procession : « C'est très important de faire ça, car ça aurait pu être n'importe lequel d'entre nous. Et je veux savoir que si je meurs pour une cause, on s'en souviendra. »

Ne pas oublier le mouvement #EndSARS

Jusque-là, les autorités nigérianes n'ont jamais admis que des manifestants étaient morts sous les balles des forces de sécurité. Jennifer redoute plus que tout que le mouvement #EndSARS tombe dans l'oubli : « Personne n'a été tenu pour responsable. Ils nous ont raconté mensonge sur mensonge. Ma maison était juste à côté du péage et toute cette nuit-là, nous n'avons pas dormi, nous n'avons fait que pleurer. »

Même inquiétude pour Colins qui était sorti dans la rue dès le début du mouvement : « C'était ma seule option pour faire entendre ma voix, pour exprimer ma colère vis-à-vis du gouvernement. Ensuite, ils nous ont raconté n'importe quoi, alors qu'ils savaient très bien que nous avions des vidéos, que des gens se trouvaient sur place et qu'ils avaient vu des morts. »

Plusieurs arrestations ont eu lieu ce matin sur le péage de Lekki, où la police lourdement armée a été déployée en nombre.

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