Afrique: Gestion de l'eau au Sénégal - La CSA pour une autorité de régulation

20 Octobre 2021

Pour une gestion transparente et plus fluide de l'eau au Sénégal, la confédération des syndicats autonome du Sénégal (Csa) a fait le plaidoyer pour la mise en place d'une autorité de régulation. Les camarades de Elimane Diouf, secrétaire général de la Csa l'ont fait savoir samedi dernier, lors de l'atelier qu'ils ont tenu sur la privatisation de l'eau au Sénégal. Une activité qui entre dans le cadre de la semaine africaine de l'eau.

La gestion de l'eau au Sénégal donne du tournis à plus d'un. Des voix de tout bord se lèvent pour dénoncer soit la mal gouvernance de ce liquide précieux, soit la qualité ou encore la défaillance des compteurs qui font flamber les prix. Face à toutes ces interrogations, la confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa) a tenu un atelier sur la privatisation de l'eau au Sénégal. Une activité qui entre dans le cadre de la semaine de l'eau : un moment d'échange, de discussion sur la problématique de l'eau. Selon Mamadou Mignane Diouf du forum social, la gouvernance de l'eau ne doit pas être à titre commercial.

«On devrait avoir une gouvernance de l'eau, car elle n'est pas une marchandise mais un droit pour tout sénégalais de pouvoir en disposer», a-t-il fait savoir. Même si l'eau n'est pas une marchandise, elle a un coût quand elle arrive chez nous. Un montant considéré comme un service qui doit être supporté par le consommateur. Sur ce point M. Diouf du forum social a déclaré : «c'est l'Etat qui devait le faire sur ce que nous appelons la gouvernance participative et inclusive».

Et d'avancer : «l'eau est très chère au Sénégal. Officiellement le tarif n'a pas augmenté. Cependant, il y a des malversations dans la gestion surtout avec les nouveaux compteurs». Pour arriver à stabiliser le secteur de l'eau qui reste très mouvementé ces dernières années avec les récriminations des consommateurs, la Csa fait le plaidoyer pour l'installation d'une autorité de régulation de l'eau.

«Ce mécanisme peut aider à réguler le secteur. Les consommateurs se lèvent, l'autorité de régulation doit pouvoir trancher, sanctionner, délivrer des amendes ou encore rétablir les droits quand le respect des engagements n'est pas tenu», a avancé Mamadou Mignane Diouf.

Les syndicats demandent à être intégrés dans le capital

Les syndicalistes de l'eau ne veulent plus être considérés comme de simples travailleurs mais plutôt comme des actionnaires et être au cœur du système. Pour M. Diouf, le Sénégal doit tendre vers cette formule afin de développer son économie. «Les syndicats considérés comme partie prenante du capital se sentiront plus impliqués et motivés que quand on les utilise comme des mains d'œuvre et en plus mal payés» a-t-il avancé. Toujours dans le cadre de la gestion, la Csa a demandé que les postes à pourvoir au sein des directions soient laissés une marge pour les nationaux.

«On ne peut pas comprendre que le directeur de l'affermage nous vienne de l'Europe alors que nous avons des cadres qualifiés pour ce poste. Même si les travailleurs ne le disent pas ouvertement, ils se sentent frustrés face à de telles décisions», indique-t-il. Mais, il faut quand même préciser que Suez détient 45 % des actions contre 24 % à l'Etat du Sénégal via Fonsis. Les partenaires sénégalais (20 %) et les salariés du secteur détiennent 11 %.

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