Madagascar: Stopper les feux de brousse, c'est aussi et surtout pour les lémuriens

Nous ne nous cesserons jamais de le rappeler, Madagascar a une biodiversité unique et riche. Notre biodiversité c'est les 250 000 espèces en tout dont 70 % sont endémiques.

Parmi elles, nous avons 107 espèces de lémuriens... malheureusement, 98% d'entre elles sont menacées d'extinction selon la liste rouge de l'IUCN. Parlons-en car nous célébrerons ce 29 octobre, la journée nationale des lémuriens. Pour le cas particulier de la région atsimo andrefana, la principale menace qui pèse sur eux est la destruction de leur habitat naturel, on parle des forêts. Ceci à cause du charbonnage. 100% du bois utilisé pour le charbon et le bois de chauffe des ménages provient des forêts naturelles. Or, la majorité, voire 99% des ménages de la province de Toliara utilise le charbon de bois et le bois de chauffe comme énergie de cuisson.

Solution? D'une part, créer, gérer et préserver les forêts naturelles, surtout celles encore intactes, notamment l'aire protégée Amoron'i Onilahy, se trouvant au sud de Toliara, dans laquelle vit le Maki catta. Elle abrite aussi 79 espèces d'oiseaux, 55 espèces de reptiles dont 19 sont endémiques. Amoron'i Onilahy fait plus de 100.000 hectares. Nous y promouvons la gestion par les communautés locales. Et ça a marché, la déforestation dans l'aire protégée a été de plus de 200 hectares au début de sa création en 2015, de 32 hectares en 2019 et est passée à moins de 13 hectares en 2020. À cette réussite s'ajoute une plantation de 92.000 arbres au total en 2020.

D'autre part, promotion de la gouvernance participative, impliquant les communautés locales, toujours, et les acteurs locaux sous forme de cogestion de type collaboratif. Pour le cas de cette aire protégée, sont inclus: la fédération de 7 associations communautaires (MIHAVAO), l'OPCI OHEMIHA (Organisme Public de Coopération Inter Communale OHEMIHA et WWF.

Autre chose, certes d'une autre dimension, - à en parler plus tard - la vulgarisation du foyer amélioré progresse dans l'atsimo andrefana. Ceci réduit la consommation de charbon d'abord, permet aux foyers d'économiser mais à termes, réduit la pression sur les forêts, et en ce sens, la pression sur le joyau de la biodiversité malgache qu'est le lémurien.

Toutefois, depuis la pandémie, les descentes sur terrains de ces cogestionnaires ont diminué à cause des restrictions diverses, l'accès à l'aire protégée a été beaucoup plus facile et le pouvoir d'achat de tout le monde a régressé pendant cette période, les charbonniers se seraient laisser-aller? Les études sont en cours. Dans tous les cas, la lutte contre la destruction des forêts est un pilier de la préservation du lémurien emblématique de Madagascar. C'est indéniable!

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