Madagascar: Budget - Dans l'attente des 48 millions de dollars du FMI

Revoir à la hausse les prix des carburants, même à petite goutte, peut éveiller l'attention du Fonds monétaire international, FMI, sur le cas de Madagascar.

Une décision conforme aux engagements du gouvernement. Les prix du carburant ont connu une légère hausse dans la nuit de mardi à mercredi, comme on dit. Une majoration de 20 ariary par litre pour le sans-plomb et le gasoil. Il n'était plus question de discrimination pour raison sociale. Au passage, la rencontre entre Andry Ramaroson, ministre de l'Énergie et des hydrocarbures, avec des représentants des pétroliers, censée être celle d'une entente consensuelle, n'a abouti à rien de concret.

Était-ce alors le déclic attendu par le conseil d'administration du Fonds monétaire international, FMI, pour débloquer la seconde tranche de la Facilité élargie de crédit, FEC? Car, la traditionnelle mission de revue, cette fois-ci conduite par Frédéric Lambert, a été déjà bouclée. Et que le gouvernement malgache a suggéré que les deux premières tranches de la FEC, de 48 millions de dollars chacune, d'inscrire ces « aides à la balance de paiement » à la rubrique des aides budgétaires. Un transfert de fonds inhabituel au regard des dogmes immuables du FMI. En tout cas, de source officielle, « le processus d'élaboration du projet de loi de finances initiale pour 2022, a été achevé », sans plus de détails. Il est attendu l'arbitrage des Conseils du gouvernement et des ministres.

D'autant que le gouvernement, pour mettre ou atteler Madagascar « sous-programme », a accepté un sacro-saint principe. « Les autorités maintiendront également les prix des carburants à un niveau conforme avec les coûts du marché, afin d'éviter l'accumulation de nouveaux passifs envers les distributeurs de carburant » mentionne le communiqué du FMI en date du 12 février avant l'octroi de la FEC le 29 mars.

Même si ces augmentations ont été plutôt symboliques, minimes et insignifiantes par rapport à la montée en flèche des cours du baril du Brent sur le baromètre des cotations boursières internationales. Et vis-à-vis de la dévaluation continuelle de l'ariary sur sa parité avec dollar au Marché interbancaire de devise, MID, elles allaient « dans le bon sens » aux yeux des instructeurs du FMI. Ils ont souvent indiqué que « subventionner les prix du carburant constitue une forme inacceptable de l'équité sociale. Car, cela favorise les nantis de la société, à bord de leurs belles voitures. Ils sont à même de supporter la vérité des prix du carburant ». Une analyse qui vaut ce qu'elle vaut.

Bel enthousiasme

Mais il se peut que ce soit la première gorgée des vagues successives de la tendance haussière à venir. Une nouvelle pandémie mondiale qui se propage à laquelle Madagascar ne peut échapper. Dans ces conditions, la présidente de l'Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa insiste que « les documents relatifs au projet de loi de finances initiale, PLFI 2022, soient remis à temps aux députés ». Comme si ceux-ci manifestaient un bel enthousiasme pour débattre de son contenu. Il est à rappeler aux honorables des travées du palais de Tsimbazaza quelques repères instaurés par le FMI parmi les clauses du contrat scellé avec cette institution. Avant de passer à l'examen des propositions gouvernementales.

« La politique budgétaire du programme devrait être orientée vers l'accroissement des recettes intérieures. Un plan ambitieux de mobilisation des recettes à moyen terme doit s'appuyer sur une stratégie globale de réformes fiscales et de collecte des recettes. Cela permettra de libérer des ressources publiques pour augmenter l'enveloppe de dépenses pour les secteurs sociaux, notamment la santé et l'éducation, ainsi que pour augmenter les investissements publics, tout en préservant la viabilité de la dette. La composition des dépenses sera améliorée grâce à la limitation des transferts, notamment aux entreprises publiques, et à une meilleure budgétisation de la masse salariale et des retraites ».

En outre, « le programme va relancer le programme de réformes structurelles, réduire les risques budgétaires, y compris ceux en lien avec l'exposition aux catastrophes naturelles qui peuvent être exacerbées par le changement climatique, comme le montre la grave sécheresse qui affecte le sud de Madagascar. Le plan de redressement opérationnel et financier de la société publique d'électricité et d'eau Jirama sera mis en œuvre pour rendre l'entreprise viable sur les plans opérationnel et financier, réduisant ainsi le besoin de transferts publics ».

En résumé, « le programme vise à soutenir la reprise après la pandémie, à préserver la stabilité macroéconomique et à faire progresser la dynamique de réforme pour stimuler une croissance durable et inclusive. Les mesures clés dans le cadre du programme soutenu par le FMI se concentreront sur la reconstitution d'un espace budgétaire pour permettre les investissements et les dépenses sociales indispensables, la reprise et l'avancement des programmes de réforme structurelle et de gouvernance, et le renforcement du cadre de la politique monétaire ».

Le décor est ainsi planté. Il appartient aux élus de Tsimbazaza de lire entre les lignes un volumineux dossier bourré de chiffres. Aude là des clivages politiques. Qui les divisent plus que jamais avec la présidentielle de 2023 déjà présente dans le coin de leurs têtes.

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