Ile Maurice: Allégation de viol d'une Française - L'interrogatoire d'Hussein Abdool Rahim démarre

Arrêté mardi, il devrait rester en détention dans une cellule d'Alcatraz pour au moins une semaine. Hussein Abdool Rahim, le tombeur de Ravi Yerrigadoo, est soupçonné de viol, mais aussi accusé d'escroquerie, de sextorsion et d'abus de confiance, entre autres, par deux Françaises. Cette arrestation survient après la plainte de l'une d'elles à la police mauricienne... en 2019. Ce n'est pas la première fois qu'Hussein Abdool Rahim se retrouve en détention, ni la première affaire policière à laquelle il fait face. Retour sur ses casseroles...

Lors de son interrogatoire mené par l'enquêteur Ramdhony sous la supervision du patron au Central Criminal Investigation Department (CCID) Heman Jangi, qui a débuté, hier, il aurait été informé des faits qui lui sont reprochés. «L'enquête avance drastiquement et le suspect sera éventuellement confronté à la plaignante qui l'accuse d'être son présumé violeur. Elle devrait passer à l'exercice d'identification. On attend les retombées des débats sur la demande des enquêteurs pour que le suspect soit examiné par le médecin-légiste», a indiqué une source à l'express.

Cette enquête a démarré à la suite d'une plainte déposée au CCID par une Française en 2019. Après avoir reçu des informations sur l'adresse du principal suspect, la police l'a finalement coffré mardi. En effet, toute l'affaire tourne autour d'une Française qui était venue passer des vacances à Maurice en novembre 2018. Ayant fait la connaissance de Hussein Abdool Rahim, elle accepte son aide et lui donne en toute confiance son numéro de téléphone et son compte Facebook.

Rahim lui fait visiter l'île mais elle est loin de se douter que cette amitié allait tourner au cauchemar lorsqu'il se fait passer pour une autre personne pour la faire chanter. Selon les dires de la plaignante, elle aurait même été contrainte de rencontrer un inconnu qui a eu des rapports sexuels avec elle dans l'obscurité mais elle devrait ensuite découvrir que ladite personne n'était autre que Hussein Abdool Rahim.

Pour rappel, Hussein Abdool Rahim a, par le biais de son avocat, refusé de se soumettre à tout prélèvement d'un échantillon de son ADN, comme le veut la procédure dans un cas de viol. Les débats sur cette objection auront lieu vendredi au tribunal de Pamplemousses. En attendant, il reste en détention à Alcatraz et retourne au CCID ce matin.

Ses casseroles...

Accusations d'escroquerie locales...

Les ennuis du violeur présumé avec la justice remontent à 2014 et débutent avec une histoire de coeur. Dans l'édition du 12 septembre 2017 de l'express, Hussein Abdool Rahim racontait qu'il était en couple avec une jeune femme pour laquelle il avait contracté un emprunt bancaire de Rs 500 000 et ils se sont ensuite séparés. Pour récupérer son argent, il a raconté avoir demandé à une amie d'approcher le cousin de son excompagne, un policier, et de prétendre qu'elle était amoureuse de lui pour lui soutirer Rs 500 000. Sauf que le pot aux roses a été découvert.

Le policier a porté plainte contre Hussein Abdool Rahim qui a été arrêté sous une accusation d'escroquerie. Par la suite, il a été établi que l'amie en question n'était nulle autre qu'Hussein Abdool Rahim lui-même qui parlait au policier via un faux compte Facebook.

D'ailleurs, les faux comptes sont récurrents dans les diverses plaintes contre lui. Dans l'affidavit juré le 12 septembre 2017 avant la démission de Ravi Yerrigadoo, Hussein Abdool Rahim avait avoué avoir plaidé coupable et trouvé un arrangement avec le plaignant à qui il avait remboursé une partie de l'argent. Mais l'affaire est toujours en justice avec sept accusations formelles d'escroquerie retenues contre lui.

Le 12 septembre 2017, c'est l'ex-petite amie d'Hussein Abdool Rahim qui porte plainte contre lui pour escroquerie d'une somme de Rs 500 000 qu'il lui aurait demandé d'emprunter à la banque. Mais cette affaire n'a toujours pas eu de suite. Le 14 février 2018, Hussein Abdool Rahim est à nouveau arrêté pour escroquerie. Cette fois, une femme l'accuse de l'avoir escroquée d'une somme de Rs 150 000 pour l'achat d'une maison. Mais il sera relâché sur parole et aucune charge ne sera retenue contre lui.

... et à l'international

Deux Françaises ont également porté plainte contre Hussein Abdool Rahim pour escroquerie et autres délits sexuels. Dans sa plainte à la police et ensuite, à «l'express», Laurence Patin explique qu'elle a rencontré Hussein Abdool Rahim sur Facebook en 2016. Très vite, un faux profil commence à menacer la femme. Une histoire de gains, de millions d'euros bloqués à l'étranger et une supposée agression plus tard, Laurence Patin accepte de lui envoyer 1 500 euros. Il se rend en France et après avoir monté une histoire impliquant Interpol, Bet365 et des banquiers, il parvient à convaincre la jeune femme de lui remettre 60 000 euros en plusieurs tranches. Lorsqu'elle se rend compte qu'elle a été escroquée, la Française porte plainte au CCID. Mais l'enquête n'a jamais abouti à une accusation provisoire.

Puis, il y a Emmeline Gautheron, qui avait expliqué qu'elle a rencontré Hussein Abdool Rahim à Maurice en 2018. Un faux profil, chose qui n'est jamais très loin de Hussein Abdool Rahim, commence à envoyer des messages menaçants à la jeune femme. Hussein Abdool Rahim dit recevoir également des menaces et lui emprunte la somme de 7 600 euros afin de payer la personne qui l'importune pour avoir la paix. Il lui empruntera ensuite 18 300 euros et 5 000 euros. Le remboursement ne viendra jamais et des plaintes ont été faites à la police en France et à Maurice.

Plaintes pour... sextorsion et viols

Emmeline Gautheron accuse aussi Hussein Abdool Rahim de viol, toujours avec l'aide de faux profils Facebook. C'est cette plainte qui a débouché sur son arrestation, mardi. Mais la plainte liée aux affaires de moeurs déposée en 2019 n'est pas non plus la première de cette nature contre Hussein Abdool Rahim. Le 20 septembre 2017, l'ex-petite amie, qui l'avait accusé d'escroquerie une semaine auparavant, porte à nouveau plainte contre l'homme, l'accusant cette fois de sextorsion. Dans un premier temps, il a démenti l'accusation, mais il a, par la suite, concédé qu'il avait menti et que c'était une plaisanterie. Encore une affaire pour laquelle il n'a jamais été inquiété.

Délits divers

Revenons à 2017. Après avoir juré son affidavit le 12 septembre, Hussein Abdool Rahim avait déclaré, sur les ondes de «Radio Plus», que l'affidavit juré était faux. Mais il n'est pas inquiété pour parjure. Puis, en 2018, un enseignant habitant Nouvelle-France l'a accusé de l'avoir agressé, kidnappé son enfant et répandu de fausses rumeurs sur lui. Les enquêtes, nous présumons, sont toujours en cours...

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