Congo-Kinshasa: Katumba demande à Tshisekedi de ne pas valider la présence de Kadima à la Céni

La validation par l'Assemblée nationale, samedi 16 octobre, de Denis Kadima et 11 autres personnalités à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), divise les caciques de l'Union sacrée, la coalition autour du président Félix Tshisekedi. Le plus irrité est Moïse Katumbi, l'ancien gouverneur du Katanga, qui a intégré les rangs des pro-Tshisekedi en décembre dernier et a écrit au président.

Pour Moïse Katumbi, cautionner les irrégularités qui ont émaillé le processus d'entérinement des membres de la Céni conduira inévitablement le pays vers un nouveau cycle de désordre. Il demande à Félix Tshisekedi, sur un ton ferme, de « rejeter purement » la liste entérinée.

Dans sa correspondance, Moise Katumbi demande encore au chef de l'État d'imposer, au sein de l'Union sacrée, le respect des textes afin de ne pas y laisser prospérer la corruption, le débauchage et l'achat des consciences.

"Alors que nous nous approchons des prochaines échéances électorales, les membres méthodes dénoncées pour imposer à la tête de la CENI un homme politique controversé ont repris... J'en appelle à votre sagesse enfin de ne pas jeter le pays.."

Il fulmine contre une poignée de personnes qui « outrepassent les textes de loi pour assurer leur maintien au pouvoir ». À deux ans des prochaines échéances électorales, « les mêmes méthodes dénoncées hier pour imposer à la tête de la Céni un homme politique controversé ont repris », affirme l'allié du président Tshisekedi. Moïse Katumbi ajoute : « La contestation a gagné les institutions. »

Un message sur un ton ferme, mais pas décisif. Pas question de quitter pour le moment la coalition, même si les pro-Katumbi ont déjà menacé de réévaluer leur participation. En quittant l'opposition pour l'Union sacrée, Moïse Katumbi avait obtenu en échange six postes ministériels pour son camp au sein de l'actuel gouvernement. Il n'était pas seul : il y a aussi Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président, qui n'a pour le moment pas réagi. Silence radio aussi de son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC).

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