Ile Maurice: Air Mauritius - Une «Flight Purser» licenciée réclame ses indemnités

Elle ne sait plus à quel saint se vouer. Priya Kassee, qui a fait carrière pendant 32 ans en tant que Flight Purser au sein d'Air Mauritius (MK), est aujourd'hui au chômage, sans un sou.

Elle raconte son calvaire, qui a débuté depuis le premier confinement en 2020, alors qu'elle revenait d'un dernier vol cargo, le 5 juin, sur la liaison Maurice-Johannesburg- Maurice. «En rentrant à Maurice, j'ai fait mon security check et j'ai vu qu'il y avait des canisters (NdlR, bombes aérosols) dans un buffet. Je me suis dit que ça ne doit pas être là. Car ils traînaient dans un buffet. Je l'ai signalé au commandant et il m'a dit de m'occuper de ma procédure.»

Selon l'ancienne Flight Purser, après un vol elle doit soumettre un rapport et remettre tout objet retrouvé au coordinateur qui, d'après ses dires, ne se trouvait pas à son poste ce jour-là. «À cause du Covid-19, personne ne travaillait. J'ai déposé les bombes aérosols dans un sac en plastique et les ai mis dans mon sac pour les ramener au département destiné aux Cabin Crew.

Mais avant je dois passer par la douane où j'ai déclaré les canisters.» Elle explique que le douanier aurait confisqué les 11 bombes aérosols car il lui aurait dit qu'il ne pouvait pas la laisser passer. «Dans mon flight report que j'ai déposé au département, j'ai mis une petite note pour dire que les douaniers ont confisqué les canisters.» Le 7 septembre 2020, elle reçoit une correspondance par voie postale envoyée par sa supérieure. Dans cette lettre, elle apprend qu'elle doit expliquer pourquoi elle n'a pas soumis son rapport de vols. «J'ai envoyé un mail pour dire que cela a été fait.»

Les choses ne s'arrêtent pas là car elle affirme avoir reçu une seconde lettre, le 23 septembre 2020, lui annonçant qu'elle était suspendue. Raison évoquée ? Elle n'aurait pas soumis son rapport de vol et la douane aurait soumis les bombes aérosols. «Il y avait quatre charges contre moi.» Selon elle, sur les conseils du Manager, qui s'occupe des rapports de vols, elle a écrit un autre rapport.

«Je n'ai pas signé à la place du commandant. J'ai écrit uniquement son nom. Ce n'était pas un Urgent Flight Report mais un Normal Flight Report. J'ai répondu à la lettre, le 24 septembre, par le biais de mon avocat.» Priya Kassee fait ressortir qu'une semaine après, elle a été convoquée devant un comité disciplinaire, qui a, par la suite, été renvoyé au 2 décembre. «Finalement, ils ont changé les accusations en mettant l'accent sur le fait que je n'ai pas respecté les Standard Operation Procedures. On m'a reproché d'avoir soumis une version falsifiée du rapport des vols à la direction.»

Le 15 janvier 2021, elle est convoquée pour la dernière fois devant le comité disciplinaire. «Ils m'annoncent qu'ils ont pris la décision de me licencier le 16 février, sans aucune explication valable. Je me suis retrouvée sans un sou. Je ne peux même pas prendre un avocat. J'ai un emprunt de Rs 5 millions à rembourser. J'ai demandé un moratoire à la banque. Mais jusqu'à quand ?» se désole-t-elle.

L'ancienne Flight Purser indique qu'il lui restait un an pour être éligible à une pension complète. Désespérée, Priya Kassee dit avoir adressé une lettre au Bureau du Premier ministre depuis février mais on lui aurait dit que son cas est à l'étude. Elle dit avoir également pris contact avec le nouveau Chief Executive Officer d'Airport Holding Ltd, Ken Arian. Elle attend toujours que la situation se décante.

Dans la foulée, elle est très critique envers l'Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA) qui, selon ses dires, ne l'aurait pas soutenue. Ce que réfute le syndicat du personnel navigant commercial. «Nous l'avons accompagnée plusieurs fois. Nous lui avons apporté notre soutien. Elle a été retrouvée avec des produits appartenant à MK, considérés comme dangereux.

Elle a été accusée de vol et elle ne nous a pas informés qu'elle avait pris son propre avocat. Elle a perdu son cas et a été renvoyée. Ensuite, elle est venue nous voir mais c'était difficile car elle a été trouvée coupable». L'AMCCA ajoute «Nous avons fait de notre mieux avec notre conseiller légal mais elle n'était pas satisfaite du résultat. Elle est partie de son côté.»

Priya Kassee fait ressortir que la seule chose qu'elle veut c'est d'être réintégrée au moins pour un an pour qu'elle puisse toucher sa pension ou alors recevoir ses indemnités.

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