Cameroun: « Il faut un équilibre entre la coupe et le reboisement »

interview

Hele Pierre, ministre de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable.

Monsieur le ministre, les pertes du couvert forestier pour la période allant de 2000 à 2017 viennent d'être présentées au public. Quel est l'objectif du projet de l'Atlas ?

Il faut dire que l'Atlas est un recueil ordonné des cartes géographiques, historiques, etc. Il a pour objectif de comprendre la dynamique du couvert forestier pour la période sous revue et 2017, de connaître les tendances de la déforestation aux échelles nationale,s des zones agro-écologiques, des régions et des départements, et de contribuer à une meilleure estimation des émissions de gaz à effet de serre et du stock de carbone.

C'est un outil d'aide à la prise de décision pour les acteurs du domaine du changement climatique, du secteur forestier et des autres secteurs dont les activités ont un impact certain sur les forêts. Cet Atlas nous permet d'avoir une connaissance de la tendance évolutive de la dégradation du couvert forestier du Cameroun pendant la période sous revue.

Qu'est-ce qui explique les pertes du couvert forestier au Cameroun ?

Le Cameroun, pays à forte couverture forestière, compte 22 523 732 hectares de forêts, représentant 48% de la surface du pays. Les pertes sont dues à l'agriculture, au bois de chauffe, à l'élevage, à l'exploitation minière, à la collecte du bois-énergie et à l'expansion urbaine.

Ce faible taux de déforestation (0,3%) traduit les efforts multiformes du Cameroun à travers les initiatives de conservation, de gestion durable d'une part, et de reboisement d'autre part. Nous sommes interpellés face à ce phénomène car, si rien n'est fait avec le réchauffement climatique, d'ici 2050-2100, la terre sera invivable. Nous avons l'obligation de faire vite et bien. Donc, ce document nous donne un élément de travail très important pour la tâche qui nous interpelle.

Quelles sont les actions déjà entreprises par le gouvernement pour contrer ces phénomènes ?

Les efforts ont vraiment commencé en 2008 mais bien avant, dans les années 75, il y avait dans le Grand Nord, l'opération Sahel vert mais il y a eu une baisse de l'activité. Le président de la République a demandé qu'on reprenne cette opération qui consiste au reboisement, en 2000. A cela s'ajoute un travail au niveau du ministère des Forêts, parce que chaque fois qu'il y a coupe de bois, ceux qui ont une étude d'impact à faire doivent dire en même temps ce qu'il faut faire pour reboiser.

C'est bien beau de couper mais il faut reboiser. Il faut avoir un équilibre entre le reboisement et la coupe. Des actions sont en cours et nous entendons aller au-delà de ce qui est en train d'être fait. Avec le ministre des Forêts, c'est un engagement que nous prenons. Chaque année, nous allons reboiser beaucoup plus. Ce sont les financements qui font défaut mais, je pense qu'avec nos partenaires au développement, nous allons réussir notre pari.

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